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Les microplastiques produits par le transport routier, une source majeure de pollution des océans !

Crédits : FreeToUseSounds / Pixabay

Selon une récente étude, le transport routier produit également des microplastiques. Ces recherches se sont concentrées sur les particules d’usure des pneus ainsi que les particules d’usure des freins. Or, avec la circulation atmosphérique, ces microplastiques peuvent voyager très loin et impacter les océans. Il se pourrait même qu’ils se retrouvent en Arctique et contribuent à la fonte des glaces.

L’usure des freins et des pneus en cause

Aujourd’hui, les microplastiques sont présents partout sur Terre, jusqu’au fond de l’océan (fosses océaniques), au sommet des montagnes ou encore aux glaces de l’Arctique et de l’Antarctique. Par ailleurs, les microparticules de plastique polluent l’eau potable, l’alimentation et même l’air ! Si diverses sources de production de ces microplastiques ont déjà été identifiées, une étude publiée dans Nature Communications le 14 juillet dernier tend à en compléter la liste.

Les chercheurs norvégiens et autrichiens se sont intéressés à la production de microplastiques par le transport routier. L’étude concerne principalement les particules d’usure des pneus (TWPs) ainsi que les particules d’usure des freins (BWPs). Autrement dit, l’étude a évalué la quantité de plastique générée par le frottement des pneus sur la route et l’utilisation des freins.

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À l’échelle mondiale, les pneus et les freins généreraient chaque année plusieurs dizaines de milliers de tonnes de microplastiques. Crédits : Ambiguous / Flickr

Une source sous-estimée mais majeure

Les meneurs de l’étude ont évalué la quantité des particules dérivées de l’industrie pétrolière (éthylène, propylène) que produit le transport routier. Ensuite, ils ont combiné leurs résultats à des simulations de circulation atmosphérique. Et les résultats sont terrifiants ! En effet, chaque année, un tiers des microplastiques aériens produits par l’usure des pneus et des freins finissent leur course dans l’océan. Il est question d’environ 50 000 tonnes de microplastiques, avec une fourchette d’incertitude comprise entre 40 000 et 100 000 tonnes.

Si les chercheurs reconnaissent un manque de données de terrain permettant de valider leurs estimations, les résultats sont tout de même édifiants. Selon eux, le transport atmosphérique est une source sous-estimée qui a pourtant un impact majeur, similaire à celui de la pollution aux microplastiques issue des rivières. Rappelons au passage qu’environ 65 000 tonnes de microplastiques transitant par les rivières finissent dans les mers et les océans.

Enfin, ces émissions de microplastiques proviennent principalement d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie du Sud-est. Les chercheurs estiment qu’une partie de ces émissions pourraient même impacter l’Arctique et avoir un effet négatif sur la fonte des glaces. En effet, les particules de couleurs absorbent davantage de rayons solaires que la glace et la neige blanches.