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Les mégots de cigarettes nuisent au développement des plantes

Deux pots de trèfle blanc. L'un, à gauche, sept jours après l’ajout d’un petit morceau de bois. À droite, sept jours après l'ajout d'un mégot de cigarette. Crédits : Jaime Da Silva Carvalho, Université Anglia Ruskin

De nouvelles recherches suggèrent que les mégots de cigarettes, laissés par terre, peuvent nuire à la croissance des plantes. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Ecotoxicology and Environmental Safety.

Les mégots de cigarettes constituent un véritable fléau pour l’environnement. Il s’agit tout bonnement de la forme de litière anthropique la plus abondante sur la planète. Le problème, c’est que la grande majorité des 5 600 milliards de filtres fabriqués dans le monde chaque année se retrouvent jetés dans la nature. Par le biais des cours d’eau, beaucoup se retrouvent alors dans les océans, polluant la faune marine. Mais qu’en est-il des végétaux ? Une récente étude s’est penchée sur la question. Et les résultats ne sont pas très glorieux.

Germination et croissance altérées

Pour cette étude, des chercheurs de l’Université Anglia Ruskin, au Royaume-Uni, ont mené une expérience en serre assez simple. L’idée : évaluer les effets des filtres jetés de cigarettes ordinaires ou mentholées – fumées, à moitié fumées, et non fumées – sur la croissance et le développement des espèces Lolium perenne et Trifolium repens. La première est une espèce commune d’herbe retrouvée dans les jardins, prés, pâturages et les chemins. La seconde n’est autre que le trèfle blanc (ou trèfle rampant).

Les chercheurs ont donc disposé ces restes de cigarettes dans des pots de Lolium perenne et de Trifolium repens fraîchement plantés, et ont observé la réponse de ces organismes. Ils ont alors découvert que les mégots – quels qu’ils soient – avaient réduit la germination de l’herbe de 10 % et du trèfle de 27 %. La longueur des pousses était également affectée : -13 % pour l’herbe et -28 % pour le trèfle.

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Deux pots de trèfle blanc. L’un, à gauche, sept jours après l’ajout d’un petit morceau de bois. À droite, sept jours après l’ajout d’un mégot de cigarette. Crédits : Jaime Da Silva Carvalho, Université Anglia Ruskin

Sensibiliser le public

Étant donné qu’il y avait peu de différences entre l’effet des mégots de cigarettes fumées et non fumées, les chercheurs expliquent ces résultats par la présence dans ces déchets d’un ingrédient bien particulier : l’acétate de cellulose. Il s’agit en réalité d’une sorte de plastique qui met plusieurs années à se décomposer dans la nature. Mais qui, se faisant, se diffuse et pollue lentement les sols.

« Dans certains parcs (à Cambridge), en particulier autour des bancs, nous avons trouvé plus de 100 mégots de cigarettes par mètre carré, explique Dannielle Green, principale auteure de l’étude. Abandonner les mégots de cigarette semble donc être une forme de détritus socialement acceptable. Nous devons donc sensibiliser le public au fait que les filtres ne disparaissent pas, et qu’ils peuvent au contraire causer de graves dommages à l’environnement ».

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