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Les mailles des masques chirurgicaux seraient trop larges pour le SARS-CoV-2 ? Un physicien et un médecin répondent

Depuis que le port du masque est devenu obligatoire dans les espace clos en France, des publications douteuses pullulent sur Facebook. Celles-ci estiment que le masque chirurgical ne sert à rien puisque ses mailles sont trop grandes pour piéger le SARS-CoV-2. Il s’agit à nouveau d’une fake news destinée à dissuader les personnes de porter un masque.

Un virus plus petit que les mailles du masque

Les fakes news concernant le port du masque évoquent souvent un risque d’hypoxie ou encore d’empoisonnement au dioxyde de carbone. Toutefois, d’autres se concentrent sur une inefficacité des masques face au coronavirus. Depuis le 20 juillet 2020 et l’entrée en vigueur de l’obligation du port du masque dans les espaces clos en France, des publications Facebook évoquent des mailles qui seraient trop grandes pour piéger le SARS-CoV-2.

Il faut savoir que l’on trouve sur les masques chirurgicaux des trous de 0,3 micron (µ). Ces derniers permettent aux porteurs de respirer. Avec des trous plus étroits, les masques occasionneraient des difficultés en termes de respirabilité. Or, le fait est que les particules de SARS-CoV-2 mesurent environ 0,12 micron. Ainsi, il est effectivement possible de croire que le coronavirus peut passer entre les mailles des masques. Qu’en est-il vraiment ?

fake news masque
Depuis l’obligation du port du masque dans les espaces clos, ce genre de publication est massivement partagée sur Facebook. Crédits : Facebook

La taille du virus ne compte pas !

« Par effet des forces intermoléculaires, dites de Van der Waals, lorsqu’une très petite particule telle que le SARS-CoV-2 rencontre une fibre, elle s’y colle définitivement. La multitude de fibres non tissées multiplie les chances de collision » indiquait le physicien français Jean-Michel Courty dans un article publié par Le Monde le 13 avril 2020.

Le scientifique estimait également que l’argumentation sur la taille des particules virales et des mailles des masques n’était pas valable. Outre la raison évoquée ci-dessus, le fait est que le virus voyage essentiellement dans des gouttelettes d’un diamètre de 5 à 15 microns ! En revanche, le médecin hygiéniste Philippe Carenco indiquait que les masques perdaient en charge électrostatique. Ceci se produit avec le temps ou lorsqu’ils sont mouillés. Or, il s’agit de la raison principale expliquant pourquoi il incombe de changer régulièrement de masque.

En mai 2020, des chercheurs hongkongais ont publié une étude prouvant l’efficacité des masques face au SARS-CoV-2. Il était question de tests menés à l’aide de hamsters placés dans des cages. Le but était de comprendre si le port du masque pouvait réduire la transmission par les porteurs asymptomatiques et pré-symptomatiques.

Yohan Demeure

Rédigé par Yohan Demeure

Licencié en géographie, j’aime intégrer dans mes recherches une dimension humaine. Passionné par l’Asie, les voyages, le cinéma et la musique, j’espère attirer votre attention sur des sujets intéressants.