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Les ingrédients de la vie pourraient flotter dans les nuages ​​interstellaires

Crédits : Wikipédia

Certains blocs de construction de la vie pourraient se former à l’intérieur des nuages interstellaires, selon une étude publiée dans Nature Communications.

L’ADN et l’ARN sont des molécules biologiques permettant le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. Leur unité structurelle de base est ce qu’on appelle un nucléotide, qui lui-même se compose d’une nucléobase, d’un sucre et d’un groupe phosphate. Des études antérieures ont déjà montré que ces sucres et ces phosphates peuvent être créés dans des conditions interstellaires. Mais jusqu’à présent, nous n’avions jamais identifié de bases nucléiques. C’est désormais chose faite.

Imiter la nature

Ces composants essentiels de l’ADN et de l’ARN viennent en effet d’être détectés dans un environnement simulé, imitant l’environnement des nuages interstellaires. Ces courants de gaz et de poussière sont retrouvés entre les étoiles.

Pour ces travaux, des chercheurs japonais ont utilisé une chambre à ultra-vide. À l’intérieur, ils ont mélangé plusieurs gaz : de l’hydrogène, du monoxyde de carbone, de l’ammoniac et du méthanol. Ces derniers ont été baignés de manière continue dans une matière imitant la poussière cosmique, à une température de -263 degrés Celsius. Deux lampes à décharge de deutérium diffusaient en même temps une lumière ultraviolette dans le but de provoquer les réactions chimiques.

Une fois l’expérience terminée, les chercheurs ont ensuite analysé le contenu de cette matière “sortie du four” avec un spectromètre de masse à haute résolution et un chromatographe en phase liquide à haute performance. Ils ont alors détecté la présence des nucléobases cytosine, uracile, thymine, adénine, xanthine et hypoxanthine. Mais aussi des acides aminés, les éléments constitutifs des protéines. Et plusieurs types de dipeptides.

nuages interstellaires
Aspect intérieur de la chambre à ultra-vide qui a permis de simuler les réactions chimiques opérées à l’intérieur des nuages ​​interstellaires. Crédits : Université d’Hokkaido

Vers les origines de la vie

Ces blocs de construction du vivant n’ont été retrouvés que dans des conditions simulées, certes. La prochaine étape sera donc de pouvoir les détecter directement dans l’espace. Mais cette étude, passionnante, nous rapproche plus que jamais de la compréhension des origines de la vie sur Terre.

Rappelons que certaines molécules organiques déjà été détectées sur les comètes, ou les astéroïdes et dans nuages ​​moléculaires interstellaires. On suppose également que ces molécules se sont écrasées sur Terre il y a plusieurs milliards d’années, permettant l’apparition de la vie. Il est alors possible que ces blocs de construction dont il est ici question aient également fait partie du voyage.

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