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Les incendies de l’été 2021 ont rejeté une quantité record de CO2

Crédits : sippakorn/pixabay

Sibérie, Amérique du Nord, Méditerranée… Les feux de forêt s’en sont donné à cœur joie l’été dernier dans l’hémisphère nord. Et tandis que de vastes brasiers concernent toujours l’ouest des États-Unis, les premiers bilans confirment la démesure des incendies survenus ces derniers mois.

En effet, selon le service de surveillance de l’atmosphère Copernicus, les feux de forêt ont émis près de 1,3 milliard de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) en juillet dernier et environ 1,4 milliard de tonnes en août. Aussi, sur ces deux seuls mois, plus de 2,5 milliards de tonnes de CO2 ont quitté la végétation et les sols à destination de l’atmosphère. Une quantité record qui équivaut aux émissions annuelles de l’Inde, toutes sources confondues. Cette valeur sans précédent est notamment le fait des incendies qui ont frappé la Sibérie et l’Ouest américain.

Des incendies dopés par la chaleur et la sécheresse des sols

Rappelons à ce titre la canicule exceptionnelle survenue fin juin en Amérique du Nord dans un contexte de sécheresse des sols. Le thermomètre s’était alors envolé jusqu’à 49,6 °C dans la petite ville canadienne de Lytton. Actuellement, d’imposants feux de forêt concernent encore et toujours l’ouest des États-Unis, et tout particulièrement la Californie où le parc national de Sequoia retient son souffle.

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Vue satellite des incendies sibériens le 3 août 2021 (points rouges) et des fumées associées. Notez comment ces dernières migrent jusqu’au centre de l’océan Arctique. Crédits : Flickr/EOSDIS Worldview.

De l’autre côté du globe, ce sont les feux zombies qui ont participé à embraser la toundra sibérienne. Dès juin, les flammes se sont déclarées dans le nord-est russe, en République de Sakha, et n’ont commencé à s’atténuer qu’entre la fin août et le début de ce mois de septembre, envoyant au passage d’importantes quantités de fumée jusqu’au cœur du bassin arctique. Enfin, en Méditerranée, la chaleur et la sécheresse combinées au vent ont attisé des brasiers d’une sévérité rarement égalée. En particulier, entre la Turquie et la Tunisie, en passant par la Grèce, l’Albanie, la Macédoine du Nord, l’Italie et l’Algérie.

« Ce qui est ressorti comme inhabituel, c’est le nombre d’incendies, la taille de la zone dans laquelle ils brûlaient, leur intensité et aussi leur persistance », relate Mark Parrington, chercheur et spécialiste de la question au service européen Copernicus. « Des conditions régionales plus sèches et plus chaudes – provoquées par le réchauffement climatique – augmentent l’inflammabilité et le risque d’incendie de végétation. Cela conduit à des incendies très intenses et à développement rapide. Si les conditions météorologiques locales jouent un rôle dans le comportement réel des incendies, le changement climatique contribue à fournir les environnements idéaux pour les incendies de forêt ».