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Les Incas maîtrisaient à la perfection l’art de faire des trous dans le crâne

Crédits : Commons Files Wikipédia

Les Incas maîtrisaient mieux que nous l’art de la trépanation. Après une opération du crâne, vous aviez en effet plus de chances de survivre il y a 1500 ans en Amérique du Sud qu’il y’a 200 ans en Amérique du Nord. C’est ce que révèle une étude menée sur plus de 800 crânes incas trouvés au Pérou.

Pour faire la comparaison, les scientifiques ont utilisé des données relevées lors de la guerre de Sécession américaine (1861-1865). Selon les calculs effectués, après votre trépanation par un médecin inca, vous auriez eu 4 chances sur 5 de survivre au XIVe siècle, contre 1 chance sur 2 si vous aviez été opéré par les chirurgiens américains au XIXe siècle.

La trépanation, une opération millénaire

Il s’agit d’une opération chirurgicale qui consiste à faire un trou dans le crâne des patients pour accéder au cerveau. Cela peut par exemple permettre de relâcher la pression en cas d’hypertension.

La trépanation est l’une des plus vieilles chirurgies qui existent au monde. Elle a des milliers d’années. Hippocrate, un médecin de la Grèce antique a codifié l’opération aux alentours de moins 400 avant Jésus Christ sur notre continent. Les plus anciens crânes péruviens retrouvés opérés datent à peu près de la même période. On pense qu’à l’origine, la trépanation est une opération qui est faite pour supprimer :

  • les maux de tête
  • les maladies mentales
  • les crises d’épilepsie

Cependant, on sait aussi qu’elle servait à « chasser les démons perçus » dans la personne.

Ce qu’il est intéressant de constater, c’est qu’au fil du temps, les scientifiques ont noté une nette amélioration de la technique de la trépanation. De plus, les chances de survie étaient tellement bonnes que certains crânes avaient jusqu’à sept trous. Et ce n’est pas la septième opération qui aurait tué le patient !

Machu picchu incas trépanation
Le Machu Picchu, au Pérou. Crédits : Pixabay

Qu’est-ce qui pouvait causer une telle mortalité chez les soldats américains ?

Comme on l’a dit, l’opération de la trépanation était connue et maîtrisée depuis plus de mille ans quand a eu lieu la guerre civile aux États-Unis. Malgré cela, le taux de mortalité était assez élevé.

Les scientifiques disent que la raison se trouve principalement dans les circonstances de l’opération. Les conditions d’hygiène notamment, n’étaient pas du tout les mêmes que de nos jours ou que du temps des Incas. D’ailleurs, les archéologues restent stupéfaits de la capacité des chirurgiens péruviens à empêcher l’infection de leurs patients. Ils n’ont d’ailleurs trouvé aucune explication à ce sujet sur le site de fouilles.

Un autre contexte d’opération était alarmant : les chirurgiens américains opéraient avec des outils non stérilisés, parfois même avec leurs doigts nus. Cela explique pourquoi autant de soldats mouraient – non pas de la blessure -, mais de l’infection qui survenait après, expliquent les chercheurs.

Les crânes : une preuve des progrès de la Science

En effet, comme mentionné plus haut, les scientifiques ont constaté une nette progression dans la technique de la trépanation. Ainsi, si les premières opérations n’étaient pas toutes couronnées de succès, les scientifiques estiment qu’avant l’Empire inca, les chirurgiens ont tout de même pu monter jusqu’à 91 % de taux de réussite.

Les marques des trépanations sur les crânes montrent que les Incas apprenaient de leurs erreurs et que certaines fautes n’étaient plus commises. « Ils semblaient comprendre l’anatomie de la tête et pouvaient volontairement éviter les zones où il y aurait le plus de saignements. Ils ont également réalisé que les trépanations de plus grande taille étaient moins susceptibles de réussir comparées aux petites opérations. Les preuves matérielles montrent sans aucun doute que ces chirurgiens ont affiné la procédure. Leur succès est vraiment remarquable » déclare le chercheur David Kushner, professeur de médecine physique et de réadaptation à l’école de médecine de l’Université de Miami.

Toujours selon le professeur Kushner, les médecins incas sont très impressionnants et dignes de nos chirurgiens actuels. « Et tout comme dans l’ancien Pérou, nous continuons de faire progresser nos techniques neurochirurgicales, nos compétences, nos outils et nos connaissances ». Aujourd’hui, la trépanation se nomme craniotomie, et les taux d’échecs sont « très, très bas par rapport aux autres époques historiques », a conclut le professeur.

Pour en savoir plus sur la civilisation inca, vous pouvez visionner ce documentaire :

Source : Université de Miami –  World Neurosurgery

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