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Les humains ont-ils conduit la mégafaune australienne à l’extinction ?

Crédits : R Bargiel, Queensland Museum

Les humains ont cohabité avec la mégafaune australienne pendant au moins 20 000 ans, suggèrent de nouvelles analyses. Avant que le climat ne s’en mêle.

Il y a environ 60 000 ans, les premiers humains arrivant en Australie ont dû cohabiter avec des animaux massifs. Toute cette mégafaune a ensuite mystérieusement disparu il y a entre 45 000 et 40 000 ans. Jusqu’à présent, nous pensions que les Hommes avaient joué un rôle décisif dans ce déclin. Or, selon de nouvelles analyses, il semblerait que nos ancêtres soient innocents.

Les géants australiens

Des fossiles ont été découverts en 2008 par le peuple indigène Barada Barna, à South Walker Creek, près de Mackay, dans le Queesland (Australie).

Les ossements représentaient au moins 16 espèces, dont 13 d’entre elles sont aujourd’hui éteintes. Parmi elles figuraient des diprotodons, les plus grands marsupiaux connus, une espèce éteinte de varans (Megalania), qui pouvait mesurer jusqu’à 8 mètres de long à l’âge adulte, ou encore un “lion” marsupial (Thylacoleo). Les chercheurs ont également analysé les restes d’un kangourou colossal de 2,5 mètres de haut (nouvelle espèce, du genre Macropus sp.), et des crocodiles d’eau douce de 7 mètres de long.

En outre, des fossiles de feuilles, de graines, de pollens, d’insectes et de mollusques ont également été retrouvés sur place, laissant à penser que cette mégafaune évoluait à l’époque en milieu tropical.

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Un os de mâchoire de diprotodon, un marsupial géant aujourd’hui éteint. Crédits : Queensland Museum

La mégafaune victime du climat

Ce que nous apprend cette étude, publiée dans Nature Communications, c’est que l’extinction de cette mégafaune tropicale s’est produite il y a environ 40 000 ans. Mais la faute à qui ? Ces analyses ont finalement révélé que ces disparitions avaient coïncidé avec une détérioration climatique et environnementale majeure, à la fois au niveau local et régional (feux de brousse, réduction des prairies et perte d’eau douce).

« Une telle combinaison de facteurs s’est finalement avérée mortelle pour toutes ces espèces géantes, qu’elles soient terrestres ou aquatiques », expliquent les chercheurs, assurant que « les humains ne sont pas responsables de cette scène de crime vieille de 40 000 ans ». Une affirmation également confirmée par le fait que le site étudié ne figurait pas sur le chemin migratoire emprunté par nos ancêtres.

Ces travaux sont pertinents à notre époque dans la mesure où d’importants changements climatiques, entraînant des sécheresses, des incendies, des changements de végétation et un manque d’eau, menacent actuellement la survie de nombreuses espèces sauvages.

« L’Australie n’avait pas abrité de géants aussi magnifiques depuis l’époque des dinosaures, et pourtant, en un instant géologique, ils ont disparu pour toujours, soulignent les chercheurs. Nous devons en tirer des leçons ».

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