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Les grands dauphins de la Manche contaminés au mercure et aux PCB

Crédits : Pixabay

Une étude menée dans la Manche nous révèle que les grands dauphins sont porteurs de grandes quantités de polluants industriels. Principalement du mercure et des PCB.

La graisse analysée d’une orque retrouvée échouée nous avait révélé en 2016 l’une des plus fortes concentrations de PCB jamais observées chez un mammifère marin. Ces animaux ne sont pas les seuls touchés par nos polluants industriels. Il y a quelques jours, une étude révélait également des taux de contamination au mercure et les PCB (polychlorobiphényles) incroyablement élevés chez une population de grands dauphins dans la mer de la Manche. Dans le golfe Normando-Breton (près du Mont-Saint-Michel), plus précisément. Les détails de l’étude sont publiés dans Scientific Reports.

Une population en danger

Pour ces travaux, Krishna Das et son équipe, de l’Université de Liège en Belgique, ont analysé des échantillons de peau et de graisse de 82 individus. Tous appartiennent à la même population, composée d’environ 400 spécimens. Les chercheurs se sont concentrés sur une dizaine de produits toxiques, mais les taux de mercure et de PCB se sont alors très rapidement détachés du reste. Rivalisant avec ceux relevés chez les populations de cette espèce en Méditerranée et sur les côtes de Floride. Deux zones connues pour leurs concentrations élevées en polluants.

Il est également ressorti de ces analyses que les mâles étaient davantage contaminés que les femelles. Pour les chercheurs, ceci pourrait s’expliquer par le fait que les femelles transmettent une partie de ces polluants à leur progéniture pendant la lactation. Le problème, comme le souligne Krishna Das, c’est que ces polluants peuvent agir en tant que perturbateurs endocriniens. De ce fait, ils peuvent altérer la reproduction des mammifères marins, entraînant une diminution du nombre de nouveau-nés.

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Crédits : AJRPROJ/Pixabay

Des polluants qui persistent

Les PCB étaient autrefois principalement utilisés comme fluides diélectriques dans les transformateurs et les condensateurs industriels. Leur utilisation est interdite en France depuis 1987, mais il en reste encore beaucoup dans la Seine. Le golfe Normando-Breton étant proche de l’estuaire de la Seine, il est donc “normal” d’en retrouver encore beaucoup dans la région. Ces polluants sont également connus pour se diluer très lentement dans le milieu marin. Les grands dauphins étant habitués à fréquenter le littoral, enregistrer de telles concentrations de polluants n’est pas vraiment une surprise.

Au regard de ces résultats, les chercheurs demandent à ce que le golfe normand breton soit transformé en zone protégée afin de garantir l’intégrité physique de grands dauphins, dont les populations sont en déclin.

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