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Les glaciers pyrénéens risquent de disparaître plus tôt que prévu

Capture : dithernet.com/vignemale

L’évolution récemment observée dans l’extension des glaciers pyrénéens ne présage pas de bonnes nouvelles. En effet, le recul mesuré sur la dernière dizaine d’années se produit à une vitesse plus importante que ce qui avait pu être anticipé jusque-là. Si la tendance continue à ce rythme, l’essentiel de ces sentinelles du climat aura disparu avant 2050.

Les projections climatiques annonçaient une disparition quasi complète des glaciers pyrénéens à l’horizon du milieu du siècle. Or, au rythme actuel de fonte, la fin s’annonce bien plus proche qu’attendu pour bon nombre d’entre eux.

Un processus de fusion en accélération rapide

C’est entre autres le cas du glacier d’Ossoue dont le point culminant se situe à plus de 3000 mètres d’altitude. Les deux photographies présentées ci-dessous montrent son extension en 1911 et en 2017, respectivement. Bien que sa disparition soit attendue vers 2050, on constate que celle-ci semble d’ores et déjà actée. Il ne reste peut-être plus que quelques années avant que les dernières strates gelées ne s’effacent.

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Crédits : http://www.dithernet.com.
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Crédits : http://www.dithernet.com.

On observe la même évolution pour d’autres amas de glace, comme celui du Mont-Perdu qui n’est plus que l’ombre de celui qu’il fut en 1979. Idem pour l’Aneto, le plus grand glacier des Pyrénées situé au sommet de la chaîne. En seulement 10 ans, il a perdu une dizaine de mètres d’épaisseur. En somme, les exemples ne manquent pas.

On soulignera également que depuis le début des années 2000, pas moins de 17 glaciers ont définitivement disparu du paysage. Les récents épisodes de canicules n’ont fait qu’appuyer cette tendance lourde. En outre, des pans entiers de montagne sont devenus instables, ce qui provoque des écroulements de plus en plus fréquents – conséquence directe d’un dégel toujours plus marqué.

De l’implication du recul des glaciers

Notons que le retrait rapide et généralisé des glaciers a des conséquences très concrètes sur la vie socio-économique et sur l’environnement. L’approvisionnement en eau, la production hydroélectrique, le tourisme et d’autres secteurs d’activité sont et seront affectés.

Par ailleurs, la diminution des surfaces réfléchissantes que sont la neige et la glace contribue localement à amplifier le réchauffement. En effet, moins d’énergie solaire est renvoyée vers l’espace ce qui permet au substrat de chauffer plus facilement. Un véritable cercle vicieux. Il ne s’agit donc pas de simples considérations esthétiques.

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Glacier de l’Aneto en 1887 en haut et en 2019 en bas. Crédits : Asso Moraine/@johnnoble11.

La situation n’est pas plus glorieuse dans le massif des Alpes, malgré une masse bien plus importante de glace. Aussi, une récente étude annonçait que plus de 90 % des glaciers risquait de disparaître d’ici la fin du siècle dans un scénario où le réchauffement se poursuit au rythme actuel.

Si l’on en croit les dernières données relatives aux rejets de gaz à effet de serre, il semble que nous soyons malheureusement engagés sur cette voie. Ainsi, l’urgence d’agir est maintenant et plus que jamais nécessaire.

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