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Les fourmis sont devenues plus fortes en renonçant à leur capacité à voler !

Crédits : diego_torres / Pixabay

Capables de porter des charges pesant plusieurs fois leur propre poids, les fourmis sont des insectes très forts pour leur taille. Selon une étude récente, les fourmis ont gagné en muscle durant leur évolution, mais ont été contraintes d’abandonner une autre capacité : celle de voler.

Perte de la capacité à voler

Les fourmis sont bien plus fortes qu’elles n’y paraissent. En effet, ces dernières sont habituées à porter des charges lourdes toute la journée. Souvent, il s’agit de charges bien plus lourdes que leur propre poids. Comment expliquer cette force ? Dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Zoology le 19 octobre 2020, une équipe internationale explique que ceci est le fait de l’évolution. En échange de leur musculature, les fourmis auraient renoncé à la capacité de voler.

Les scientifiques se sont intéressés à l’anatomie des fourmis ouvrières. Chez les insectes volants, les muscles jouant un rôle dans la capacité de voler représentent parfois la moitié de leur thorax. L’espace restant accueille donc les muscles dédiés à la tête, aux pattes ainsi qu’à l’abdomen. L’hypothèse des directeurs de l’étude est que sans cette capacité, les muscles ont eu davantage de place pour se développer. Ainsi, la force au niveau des différents segments du corps a fait l’objet d’une augmentation.

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Crédits : MathieuMD / Wikipedia

Une réorganisation de la musculature des fourmis

Le fait est que les fourmis ouvrières ont évolué à partir d’insectes volants. Les scientifiques pensaient déjà que la perte de la capacité de voler avait participé à l’optimisation du corps des fourmis pour le travail au sol. En revanche, ils savaient aussi qu’il restait énormément à apprendre sur la manière dont cet « échange de capacités » s’est produit. Les chercheurs ont utilisé la radiographie et la modélisation 3D afin d’analyser en détail les muscles ainsi que la structure interne du thorax des fourmis. Or, les résultats ont permis de confirmer l’hypothèse de départ. La perte de la capacité de voler a permis au thorax d’opérer une réorganisation offrant de meilleures performances au sol.

« Les trois groupes musculaires [tête, pattes et cou] ont tous pris du volume, ce qui donne aux fourmis ouvrières plus de force et de puissance. La géométrie des muscles du cou, qui soutiennent et déplacent la tête, a également changé. Et l’arrangement interne des muscles a été modifié », a déclaré Christian Peeters (Université de la Sorbonne), un des auteurs de l’étude.

Enfin, il faut savoir que certaines études concernant les guêpes évoquent un développement bien différent. Si les fourmis collectent et transportent la nourriture jusqu’à leur colonie, les guêpes ont un autre fonctionnement. En effet, ces dernières consomment la nourriture sur place. Autrement dit, elles n’ont pas besoin d’une importante musculature.