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Les faux médicaments tuent plus de 250 000 enfants par an

Crédits : Pixabay

Une pandémie de “faux médicaments” serait responsable, chaque année, de la mort de plus de 250 000 enfants. Une équipe de médecins appelle à un effort international urgent visant à renforcer les contrôles.

Encre, peinture, arsenic…

Les faux médicaments et traitements de mauvaise qualité (pas assez d’ingrédients actifs, ou simplement périmés) visant à traiter le paludisme, la pneumonie et d’autres maladies tuent plus de 250 000 enfants chaque année dans le monde, avertit un nouveau rapport. Environ 10 % des médicaments dans le monde seraient concernés, apprend-on. La plupart seraient en circulation dans des pays à faibles revenus. Dans ces régions, la demande en médicaments est élevée, et les contrôles médiocres. De tels environnements sont privilégiés par les cartels, qui en profitent pour infiltrer le marché.

De récents tests menés sur le terrain ont relevé la présence de traces d’encre d’imprimante, de peinture, ou encore d’arsenic dans certaines substances. Les antipaludéens, des antibiotiques et des médicaments ayant pour but de traiter les maladies cardiovasculaires et le cancer semblent les plus touchés. La plupart de ces contrefaçons viennent probablement de Chine et d’Inde, peut-on également lire.

« Une urgence de santé publique »

En conséquence, une équipe de médecins appelle à une vive réaction de la communauté internationale. Ceux-ci considèrent le traitement de ces médicaments falsifiés et non conformes aux normes comme une « urgence de santé publique ». Notons par ailleurs qu’outre le fait de ne pas soigner correctement, ces faux médicaments participent au phénomène inquiétant de résistance aux anti-microbiens. Ils favorisent ainsi la prolifération des super-bactéries. « Nous devons prendre des mesures immédiates », confirme Joel Breman, des National Institutes of Health, aux États-Unis.

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Une “pandémie” mondiale de faux médicaments tuant des dizaines de milliers d’enfants dans le monde chaque année. Crédits ; Pixabay

Les médecins proposent quelques mesures. Par exemple, la nécessité de renforcer le programme de surveillance des médicaments de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ils appellent également à ce que les registres de médicaments contrefaits en circulation soient disponibles gratuitement au public. Concernant les sanctions pour les contrevenants, les médecins demandent à ce que des accords d’extradition soient mis en place afin que les suspects puissent être jugés dans leurs pays. Dans le pays “victime”, les mesures disciplinaires sont en effet bien souvent insuffisantes.

Joel Breman et son équipe demandent par ailleurs aux sociétés pharmaceutiques de resserrer davantage la chaîne d’approvisionnement de leurs médicaments. Il sera également nécessaire de développer des tests simples et rapides afin que les médecins puissent vérifier sur le terrain la qualité des médicaments à prescrire.

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