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Les dix meilleures découvertes de dinosaures de 2022

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Crédit : Mark Stevenson

Les paléontologues continuent de fouiller et d’analyser de nombreux fossiles de dinosaures, nous livrant des informations essentielles sur ces créatures qui parcouraient jadis notre planète. Voici une liste non exhaustive de dix découvertes ayant marqué cette année 2022.

Une peau incroyablement conservée

II y a environ 67 millions d’années, plusieurs prédateurs se jetèrent sur la carcasse d’un Edmontosaurus, une espèce de dinosaure à « bec de canard », pour se délecter de sa chair. Les preuves de cet ancien festin ont été découvertes cette année dans les restes fossilisés de l’animal qui se caractérisent par une peau remarquablement « momifiée ».

Jusqu’à présent, ces fossiles étaient considérés comme des cas de « préservation exceptionnelle » impliquant systématiquement un enterrement rapide du corps. L’analyse de cette momie, surnommée « Dakota », a également réfuté cette idée classique, révélant un nouveau procédé.

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La photo ci-dessous montre le pied fossilisé de Dakota tel qu’il est aujourd’hui. Crédits : Natee Puttapipat

Les manteaux moelleux ont aidé les dinosaures à prospérer

Une importante vague de froid serait à l’origine de l’extinction de nombreuses espèces terrestres il y a environ 200 millions d’années. De nouvelles preuves de l’existence de lacs glacés trouvées à côté d’empreintes suggèrent que certains dinosaures ont pu survivre à cet environnement grâce à des manteaux de plumes ou autres structures filandreuses isolantes, tandis que ceux qui en étaient dénués succombaient.

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Crédits : Larry Felder

Plusieurs espèces de T-Rex ?

En début d’année, une équipe avait avancé l’idée qu’il pourrait y avoir non pas une, mais au moins trois espèces de T-Rex étroitement apparentées. Ces travaux s’appuyaient sur plusieurs variations récurrentes isolées dans les fémurs et incisives d’une poignée de spécimens. Quelques semaines plus tard, d’autres travaux avaient cependant réfuté cette hypothèse, soulignant le manque de preuves permettant de la soutenir.

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Crédits : Apple TV

Un nouveau prédateur aux bras courts

Une équipe de paléontologues décrivait il y a quelques mois la découverte en Patagonie d’un nouveau grand prédateur aux bras aussi courts que le T. rex. Les membres de cette espèce, nommée Meraxes gigas, évoluaient il y a environ 95 millions d’années. Ils étaient également dotés d’un crâne orné de crêtes, de bosses et de petites cornes. Cette découverte confirmait par ailleurs une évolution convergente des bras courts parmi les théropodes mégaprédateurs.

Meraxes gigas dinosaure
Crédits : Carlos Papolio

Sang chaud, sang froid

Les oiseaux et les lézards sont liés aux dinosaures. Les premiers ont le sang chaud et les seconds le sang froid. Pour cette raison, les paléontologues se sont longtemps questionnés sur le métabolisme de leurs ancêtres. On connaît désormais la réponse grâce à une étude publiée dans Nature.

Au Trias, les dinosaures se seraient en effet divisés en deux grands groupes avec d’un côté les saurischiens (dinosaures à hanche de lézard) et de l’autre les ornithischiens (dinosaures à hanche d’oiseau). Les résultats de ces travaux suggèrent que les membres du premier groupe étaient des créatures à sang chaud. Les oiseaux, issus de cette lignée, ont ainsi conservé un métabolisme similaire. Les ornithischiens auraient de leur côté perdu leur métabolisme rapide au fil du temps pour devenir des animaux à sang froid.

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Le T-Rex, qui intégrait le groupe des saurischiens, avait le sang chaud. Crédits : Apple TV+

Un petit dinosaure à « épines »

Cette année 2022 aura également été marquée par la découverte de Jakapil, un dinosaure blindé dont la véritable identité est encore débattue.

La petite créature, découverte dans les roches du Crétacé de Patagonie, a été décrite par certains paléontologues comme un dinosaure appartenant à la même grande famille que le Stegosaure et l’Ankylosaure, mais présentant une ramification primitive. D’autres soulignent que les restes connus de Jakapil sont trop peu nombreux pour nous éclairer sur sa véritable origine. L’animal pourrait même représenter un groupe de dinosaures jusque-là inconnu.

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Source : Nature

Le plus grand mégaraptor découvert à ce jour

Il y a environ 70 millions d’années, alors que le célèbre T-Rex arpentait les contrées nord-américaines, un autre grand prédateur dominait les terres argentines. Son nom : Maip macrothorax. Une équipe de paléontologues a annoncé cette année avoir étudié les ossements de cette créature de près de dix mètres de long en Patagonie.

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Représentation d’artiste du mégaraptor. Source : Nature.

Le plus ancien dinosaure connu d’Afrique

Les sauropodes étaient de grands dinosaures herbivores à long cou. Cette année, des paléontologues ont découvert l’un des premiers membres de cette lignée de géants : un dinosaure beaucoup plus petit qui traversait autrefois les plaines inondables du Zimbabwe préhistorique. L’animal, qui mesurait environ deux mètres de long pour cinquante centimètres de haut au niveau des hanches, évoluait il y a 230 millions d’années.

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Crédits : Andrey Atuchin

Un redoutable prédateur en Europe

Un fossile vieux de 125 millions d’années découvert au Portugal il y a plus de vingt ans, mais décrit seulement cette année, représente un nouveau genre et une nouvelle espèce de spinosauridés. Baptisé berospinus natarioi, il n’était pas très différent des autres spinosauridés connus. Des preuves stratigraphiques et sédimentaires suggèrent qu’il évoluait près des estuaires ou de lagons aux eaux saumâtres.

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Schéma montrant certains des fossiles récupérés et la forme du corps du nouveau Spinosaurus, nommé Iberospinus natarioi. Crédits : Mateus, Estraviz-López, 2022, PLOS ONE, CC-BY 4.0

D’énormes empreintes

Au Texas, des conditions de sécheresse intense ont révélé plusieurs empreintes de dinosaures tapissant le fond de la rivière Paluxy, qui traverse le parc d’État de Dinosaur Valley. La plupart de ces traces auraient été imprimées dans le sol au milieu du Crétacé par des sauropodes et des théropodes.

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Crédits : Dinosaur Valley State Park
Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.