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Les diamants d’une ancienne planète perdue retrouvés sur Terre

Crédits : Wikimedia Commons / Jon Taylor

Les fragments d’une météorite tombée sur Terre il y a plus d’une décennie suggèrent la présence d’une planète disparue, jadis présente dans notre système solaire, selon une étude publiée ce mardi.

Des chercheurs suisses, français et allemands expliquent avoir examiné des fragments de diamants trouvés à l’intérieur de la météorite Almahata Sitta, venue s’écraser dans le désert de Nubie au Soudan, en octobre 2008. Après analyse, ils suggèrent qu’ils se sont probablement formés au cœur d’une proto-planète il y a au moins 4,55 milliards d’années, époque durant laquelle notre système solaire était en train de se former.

« Nous démontrons que ces gros diamants ne peuvent pas être le résultat d’un choc, mais plutôt d’une croissance qui a eu lieu au sein d’une planète », expliquent les scientifiques, notant au passage qu’une pression de 200 000 bars serait nécessaire pour former de tels diamants. La planète mystère était donc au moins aussi grande que Mercure, voire même que Mars. Certains nano-fragments étaient en effet relativement grands – jusqu’à 100 μm de diamètre. En raison de la courte durée d’un d’impact, des fragments aussi gros n’auraient jamais pu se former.

Également, les inclusions présentes dans les diamants de la météorite renfermaient principalement deux composés chimiques, le fer et le soufre. À l’image de l’eau et de l’huile, ces deux éléments ne peuvent se mélanger sans force extérieure, étant plus stables séparés. Dans les inclusions, ces derniers étaient cependant présents sous une phase cristalline solide, laissant ainsi entendre qu’ils ont très certainement été soumis à une intense pression. Il est donc beaucoup plus probable que de tels diamants aient été créés dans les profondeurs d’une planète.

Les astronomes ont longtemps émis l’hypothèse que le système solaire contenait jadis beaucoup plus de mondes. L’une de ces planètes embryonnaires – surnommée Theia – aurait d’ailleurs percuté notre jeune Terre, éjectant une grande quantité de débris qui plus tard ont formé la Lune. « Ce que nous revendiquons ici », explique Philippe Gillet, co-auteur de l’étude, « c’est que nous avons dans nos mains un reste de cette première génération de planètes qui nous manquent aujourd’hui, parce qu’elles ont été détruites ou incorporées dans une planète plus grande ».

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature Communications.

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