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Les claviers d’ordinateur pourraient bientôt aider à dépister la maladie de Parkinson

Crédits : Johanna84 / Pixabay

Des chercheurs de l’université du MIT ont eu l’idée de concevoir un algorithme qui permettrait de déceler les premiers signes de la maladie de Parkinson via l’utilisation d’un clavier d’ordinateur. Un projet novateur qui pourrait aider à diagnostiquer la pathologie à un stade beaucoup plus précoce.

La maladie de Parkinson est une pathologie neuro-dégénérative touchant la substance noire (locus niger) et qui se manifeste principalement par des gestes rigides, saccadés et incontrôlables. Or, ces symptômes se font souvent extrêmement discrets au début de la maladie, ce qui entraîne un diagnostic et une prise en charge bien trop tardifs. Les experts pensent en effet que lorsque la pathologie est clairement identifiable, près de 70 % des cellules nerveuses de la substance noire seraient d’ores et déjà détruites.

C’est en partant de ce constat qu’une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a eu l’idée d’inventer un algorithme qui permettrait de détecter les signes précoces de la maladie de Parkinson à l’aide d’un clavier d’ordinateur (physique ou virtuel). L’idée consiste ainsi à analyser la façon dont l’utilisateur appuie sur les touches afin de dégager des schémas de frappe qui pourraient mettre en évidence des micro-fluctuations dans les capacités motrices.

Une sensibilité démontrée

Dans une étude publiée dans la revue Nature, les chercheurs ont réussi à démontrer que leur algorithme était en mesure de détecter des modifications imperceptibles à l’œil nu dans les habitudes de frappe chez des sujets dont le sommeil avait été altéré. Bien que cette recherche ait porté sur les effets de la fatigue et non sur ceux de la maladie de Parkinson, elle a néanmoins permis de mettre en évidence à quel point ce type de technologie pourrait être utile pour déceler certains signes subtils et avant-coureurs de pathologies affectant la motricité.

« Nous pensons qu’il s’agit d’une occasion unique d’avoir un regard sur le cerveau en utilisant nos interactions habituelles avec un dispositif électronique », a expliqué Alvaro Sanchez-Ferro, chercheur au Madrid-MIT.

Des premiers résultats encourageants auprès de patients parkinsoniens

Des résultats préliminaires, issus d’une recherche se basant cette fois-ci sur des patients parkinsoniens ont quant à eux suggéré que l’algorithme était en mesure de différencier la façon de taper des sujets sains de celle des sujets malades. Si les données récoltées au cours de cette étude sont donc pour le moins encourageantes, il est néanmoins important de garder à l’esprit qu’elles concernent des patients qui présentaient déjà des signes manifestes de la maladie. Ainsi, des travaux plus poussés seront nécessaires afin d’ajuster l’algorithme pour qu’il puisse détecter des signes plus discrets de la pathologie, et ce, en amont du diagnostic.

Les chercheurs du MIT espèrent par ailleurs que l’utilisation de cette méthode de dépistage puisse être un jour étendue à un domaine plus large que celui de la maladie de Parkinson. « Cela pourrait aider à détecter n’importe quelle pathologie produisant une déficience motrice, qu’elle concerne les mains, les muscles ou le cerveau », a ainsi conclu Alvaro Sanchez-Ferro, au sein d’un communiqué publié par le MIT.

Source : MIT News