in

Les chirurgiens savent désormais transplanter des coeurs “morts”

Crédits : iNovak / Pixabay

À trois reprises, des chirurgiens australiens sont parvenus à transplanter un cœur prélevé alors qu’il avait cessé de battre.

Chaque année, 3 500 transplantations cardiaques sont effectuées dans le monde, et des dizaines de milliers de personnes vivent avec le cœur d’un autre dans leur poitrine. Obtenir un de ces organes reste toutefois difficile. Le donneur doit être en état de mort cérébrale, et son cœur est prélevé alors qu’il bat encore. Pour la première fois, des chirurgiens se sont libérés de cette contrainte, en prélevant un cœur sur un cadavre dont les fonctions cardio-vasculaires s’étaient déjà arrêtées.

L’organe en question avait cessé de battre pendant une demi-heure. Les médecins sont parvenus à réactiver l’organe grâce à une machine qui le place à température corporelle, et lui fournit les nutriments et l’oxygène dont il a besoin, et le stimule électriquement pour restaurer son battement.

Habituellement, les organes à transplanter sont stockés à basse température, typiquement 4 °C, ce qui les place dans un état d’hibernation. Un cœur peut être conservé 4 heures grâce à cette méthode, tandis que les reins restent en bon état après plus de 24 heures. L’approche utilisée par les chirurgiens australiens est totalement différente : il s’agit de garder l’organe dans une machine qui reproduit les conditions à l’intérieur du corps humain, auxquelles les organes sont habitués.

Le fait de pouvoir utiliser des donneurs dont le cœur s’est arrêté avant qu’il ne soit prélevé pourrait permettre de récupérer beaucoup plus d’organes, qui se font de plus en plus rares avec l’amélioration de la sécurité routière. Le procédé de conservation « à chaud » utilisé peut aussi servir pour tout type d’organes, et sert à conserver des foies et des reins.

Pour l’instant, ce sont trois patients qui ont reçu un cœur transplanté par cette méthode. Les trois opérations ont été des succès, mais il reste à voir si ces battements tiennent bon sur la durée.

Source : BBC News