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Les chiens de Tchernobyl sont mis à l’adoption

Le petit Freddy ramené à la maison en Géorgie le 1er juillet 2018. Crédits : TIM MOLLOHAN

The Clean Futures Fund, une organisation de protection animale, a lancé il y a peu un programme de sauvetage et d’adoption pour donner aux chiens de Tchernobyl une seconde chance. Une quinzaine de chiots ont d’ores et déjà trouvé un nouveau foyer.

Au crépuscule, les meutes de chiens de Tchernobyl hurlent à la Lune. Pendant la journée, certains prennent des bains de soleil, quand d’autres courent après les centaines de travailleurs présents tous les matins pour le nettoyage des vestiges de l’accident de la centrale nucléaire. Ces humains, qui partagent leurs repas, leur fournissent leur principale source de nourriture.

Ces chiens – plus d’un millier, selon les estimations, descendants des animaux abandonnés lors de la catastrophe – vivent dans des conditions difficiles. La plupart d’entre eux ne passent d’ailleurs pas les quatre ans. « Si nous voyons un chien de cinq ans, nous l’appelons grand-père », explique à Neesweek Lucas Hixson, radiologue spécialiste de l’environnement à Tchernobyl. « Leur principale menace n’est pas le rayonnement, dit-il. C’est les températures glaciales. Ceux qui survivent à l’hiver doivent affronter des prédateurs comme les loups et les sangliers qui courent librement dans la zone d’exclusion ».

C’est pourquoi The Clean Futures Fund, une organisation co-fondée par Hixson, a lancé un programme de sauvetage et d’adoption pour donner à ces chiens une seconde chance. Au début du mois de juillet, une quinzaine de chiens débarquaient à New York, prêts à rencontrer leurs familles adoptives.

chiens tchernobyl
Crédits : YouTube / Clean Futures Fund

Avant que les chiens ne débarquent dans leurs nouvelles maisons, la poussière radioactive est nettoyée de leur fourrure. Ils sont ensuite mis en quarantaine pendant quelques semaines et subissent un examen approfondi. « Ils ne représentent plus aucune menace significative pour quiconque les manipule », assure le biologiste Tim Mousseau. Certains chiens ont consommé de petites quantités de particules radioactives de césium 137, l’un des principaux contaminants présents à Tchernobyl. Mais cette particule est métabolisée et retirée du système d’un animal après des semaines – ou tout au plus quelques mois –  à être nourri avec un régime non contaminé.

Tous les chiens du programme d’adoption sont castrés et stérilisés (aucune possibilité de transmettre leurs gènes). Parmi eux vous retrouverez Freddy, âgé de trois mois, retrouvé dans un hangar d’entretien à quelques pas du réacteur nucléaire – celui-là même qui a explosé le 26 avril 1986. Il y a également Dvaa, (« deux » en russe), adoptée par Lucas Hixson : « Elle a cette personnalité vraiment belle et curieuse », dit-il « Elle a définitivement volé mon cœur ». Elle vit maintenant dans la banlieue de Chicago.

« Les animaux jouent un rôle important dans nos vies. Je pense que tant que vous n’avez pas un animal, il est très difficile de comprendre combien ils peuvent signifier pour vous, combien ils peuvent vous fournir. C’est une relation symbiotique incroyable, conclut le chercheur. Ces chiens sont comme n’importe quel autre chiot. Ils aiment l’attention. Ils ont besoin d’amour ».

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