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Les chiens aussi deviennent “difficiles” à l’adolescence

Crédits : ElvisClooth/pixabay

Tout comme les adolescents humains, les chiens peuvent devenir difficiles et hypersensibles lorsqu’ils atteignent l’adolescence, confirme une étude.

Souvent de mauvaise humeur, imprévisibles et affichant un profond mépris pour les règles… les adolescents humains peuvent être difficiles à gérer. Il s’avère que c’est un peu la même chose avec les chiens. Les changements de comportements des “ados” à quatre pattes sont connus de certains propriétaires. Les animaux écoutent moins, testent les limites et entrent en conflit avec leurs congénères. Ils ont également tendance à fuguer davantage et à se montrer plus agressifs.

Ces changements de comportements s’expliquent facilement. Chez les humains, de grands changements touchent le cerveau des adolescents, tout comme leur corps se retrouve inondé d’hormones. Mais il faut savoir que les chiens, comme beaucoup d’autres mammifères, essuient également les mêmes transitions biologiques.

Malgré tout, la période d’adolescence chez le chien reste en grande partie sous étudiée. L’enjeu est pourtant de taille, en particulier pour l’animal. En réponse à ces changements de comportements, certains propriétaires ont en effet parfois tendance à réagir de façon inadéquate. Certains punissent leurs chiots ou les ignorent, quand d’autres s’en séparent. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les chiens adolescents sont les plus représentés dans les refuges.

Les chiens “ados” défient leurs propriétaires

Dans le cadre de travaux récents visant à évaluer la manière dont la puberté modifie l’aptitude à obéir de nos amis à quatre pattes, Lucy Asher et son équipe, de l’Université de Newcastle, ont concentré leur étude sur 70 spécimens (bergers allemands, golden retrievers et labradors). Tous, élevés comme chiens guides, ils ont tous d’abord été testés à 5 mois, puis à 8 mois.

Il a été demandé aux responsables des chiens et à des étrangers de donner aux animaux l’ordre de “s’asseoir”. À l’âge de cinq mois, tous les chiots préadolescents se sont rapidement assis, que l’ordre vienne du propriétaire ou de l’étranger. En revanche, à l’âge de huit mois (adolescence), la plupart ont refusé à plusieurs reprises de suivre l’ordre de leur propriétaire. Cependant, ils obéissaient facilement, mais avec agacement, à l’étranger.

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À l’adolescence, les chiens obéissent moins (mais uniquement à leur propriétaire). Crédits : Pixabay

Sentiment d’insécurité et puberté

Dans le cadre d’une expérience distincte, il a été demandé aux propriétaires de noter les jeunes chiens sur leurs comportements d’attachement et de recherche d’attention (comme le fait de s’asseoir très près de leur propriétaire par exemple), ainsi que sur leurs comportements liés à la séparation (tremblements lorsqu’ils sont laissés pour compte, etc.). Ces deux types de comportements indiquent un sentiment d’anxiété.

Les chercheurs ont alors remarqué que les chiens avec des scores élevés sur l’une ou l’autre échelle étaient entrés plus tôt dans leur période de puberté, à environ 5 mois contre 8 mois pour ceux avec des scores inférieurs. De multiples facteurs font que les adolescents humains ayant de mauvaises relations avec leurs parents entrent également plus tôt dans la période de la puberté. Ainsi, à l’instar des humains, les chiens qui ont des relations tendues avec leurs soignants/propriétaires vivent également des changements plus précoces dans leur développement.

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Crédits : lightstargod / Pixabay

Adapter sa communication

La bonne nouvelle pour les chiens et leurs parents/propriétaires, c’est que ces relations “tendues” ne durent pas éternellement. La nature temporaire de cette incroyable désobéissance doit donc mener les humains à ne pas s’inquiéter outre mesure.

Les vétérinaires conseillent aux propriétaires d’adapter leur communication en conséquence. Il s’agit de ne pas céder à la logique de l’affrontement et de la punition systématique. Le chien éprouvant un manque de concentration, gagnant en impulsivité et testant la stabilité des règles établies, il est important de lui proposer des réponses claires (autoriser, interdire ou rediriger un comportement) et très souvent répétées.

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