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Les chevaux sauvages de Tchernobyl

Crédits : Université de Georgie

Introduits il y a quelques années dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, les chevaux de Przewalski poursuivent leur lente convalescence.

Découvert au 19e siècle en Mongolie par l’explorateur russe Nikolaï Przewalski, le cheval de Przewalski est le dernier cheval sauvage. Dès sa découverte par les Occidentaux, l’espèce est devenue la cible des chasseurs et de campagnes de capture. Cela a d’ailleurs en partie conduit à son extinction à l’état sauvage dans les années 1960. Il n’en restait alors qu’une poignée dans différents zoos en Europe.

Réintroduction à Tchernobyl

Dès le début des années 1990, la population captive ayant été multipliée, certains spécimens ont ensuite été réintroduits en Mongolie. Il y a quinze ans, une trentaine de chevaux ont également intégré la zone d’exclusion de Tchernobyl, à la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine. Des pièges photographiques permettent aujourd’hui de suivre leur évolution, loin des Hommes.

Au cours de l’année dernière, plusieurs images de ces chevaux de Przewalski ont été capturées. Et beaucoup, semblent-ils, ont investi les anciennes granges. Ils ont en effet été aperçus 35 fois dans neuf des dix structures surveillées pendant les mois d’hiver, alors qu’ils se mettaient à l’abri, dormaient et se reproduisaient. Les chercheurs les ont également aperçus 149 fois dans huit structures surveillées au cours de l’été. Ils s’y protégeaient principalement des insectes.

Nos résultats indiquent que les chevaux de Przewalski utilisent régulièrement des structures abandonnées“, explique en effet James Beasley, de la Warnell School of Forestry and Natural Resources. “En conséquence, ces structures peuvent constituer des points focaux importants pour la recherche et la gestion afin d’obtenir des informations démographiques clés telles que l’âge, le sex ratio, la taille de la population et la structure génétique de cette espèce“.

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Crédits : Université de Géorgie

Pas encore sortis d’affaire

Un premier décompte en 2008 suggérait que le nombre avait doublé depuis leur introduction dans la zone. Aujourd’hui, ils seraient environ 200. Néanmoins, les chercheurs affirment qu’ils sont encore trop peu nombreux pour maintenir une population viable.

L’objectif de ces programmes de conservation est de maintenir autant de diversité que possible et d’éviter la consanguinité, en s’assurant qu’une population peut résister aux changements de l’environnement et survivre à long terme“, peut-on lire.

Les chevaux de Przewalski ne sont pas seuls “habitants” à fréquenter la région. Nous savons en effet que les loups se sont très bien installés tout comme les visons, les loutres et les pygargues à queue blanche. Au cours de cette dernière étude, comme vous pouvez le voir ci-dessus, les chercheurs ont même signalé la présence d’un élan et d’un lynx eurasien.

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