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Les centrales nucléaires face à la menace des méduses !

Crédits : Lars Plougmann / Wikimedia Commons

Les centrales nucléaires craignent les attaques terroristes, les crashs d’avion ainsi que les catastrophes naturelles. Toutefois, ces mêmes centrales font aujourd’hui aussi face à des menaces assez insolites, dont les méduses. Comment cela est-il possible ?

Salpes, méduses et poissons

Les menaces planant sur les centrales nucléaires sont légion. Dans un article publié le 7 avril 2021, Bloomberg Green évoque une de ces menaces dont la nature est assez surprenante. Le quotidien évoque la fermeture récente de deux réacteurs nucléaires en Corée du Sud à cause de la présence de salpes dans le circuit de refroidissement. Les salpes (ou Salpidae) sont des animaux au corps gélatineux, dont la taille varie de un à dix centimètres. Ces dernières ressemblent aux méduses en raison de leur consistance et leur mode de déplacement. Toutefois, elles seraient plus proches des vertébrés simples, car elles possèdent ce qui semble être une forme primitive de système nerveux.

En l’occurrence, les salpes se sont accumulées en si grand nombre que le filtre du circuit des deux réacteurs sud-coréens a été bouché durant plusieurs jours. Or, il s’avère que cet incident est le second en quelques semaines seulement. La Corée du Sud a donc imaginé un robot broyeur, le Jellyfish Elimination Robotic Swarm (Jeros) capable de broyer 900 kg de salpes par heure !

En 2012, une centrale nucléaire de Californie a également stoppé sa production quelque temps à cause des salpes. Un an plus tard, une invasion de méduses en Suède avait endommagé les filtres d’eau de refroidissement d’une centrale. En France, la centrale de Paluel (Seine-Maritime) a subi une baisse de production en janvier 2021 en raison de la présence d’un banc de poissons.

centrale de Paluel
La centrale nucléaire de Paluel en Seine-Maritime.
Crédits : Energi-vore / Wikipedia

Le réchauffement climatique en cause ?

Qu’il s’agisse des salpes, des méduses ou des poissons, les incidents de ce genre ont tendance à se multiplier. Or, certains estiment que le réchauffement climatique joue peut-être un rôle dans ce phénomène. Le problème réside dans la prolifération de ces organismes marins. Les élevages de poisson sont d’ailleurs aussi touchés par des invasions de salpes et de méduses. Une étude sud-coréenne publiée en 2012 estimait entre 68,2 millions et 204,6 millions de dollars les pertes que causent ces animaux à l’industrie de la pêche.

Par ailleurs, le réchauffement climatique est à l’origine d’épisodes de canicule de plus en plus fréquents. Or, ceux-ci ont un effet sur les centrales nucléaires, notamment en France où EDF a déjà été contrainte de fermer ce type d’établissement. Le but était de veiller à ne pas dépasser le seuil de température légal des rivières, ces dernières servant pour le refroidissement. Dans une publication en 2020, la Société française d’énergie nucléaire (Sfen) affirmait toutefois que toutes les énergies sont dans le pire des cas conduites à réduire leur production en cas de canicule. Cela concerne d’ailleurs aussi les sources d’énergie renouvelable que sont le solaire, l’éolien ainsi que l’hydroélectricité.