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Les cancers du sein seraient favorisés par un taux de cholestérol élevé

Crédits : HYWARDS / iStock

Depuis longtemps déjà, nous savons que le cholestérol a des effets néfastes sur l’organisme lorsqu’il atteint des taux importants. En effet, le risque de maladies cardio-vasculaires est accru. Toutefois, une récente étude américaine montre que les métastases en lien avec les cancers du sein peuvent être également corrélées a des taux élevés de cholestérol.

Une autre forme de mort cellulaire connue

En France, les cancers du sein représentent la première cause de décès par cancer chez les femmes. Selon la Fondation pour la Recherche Médicale, cette maladie causait encore 12 000 décès pour 60 000 nouveaux cas en 2017. Néanmoins, il faut savoir que la situation s’est tout de même améliorée depuis une quinzaine d’années. En effet, 87 % des patientes restent en vie 5 ans après leur diagnostic, des résultats positifs obtenus grâce à un meilleur dépistage et le développement de thérapies de plus en plus performantes.

Parmi les causes des cancers du sein, nous retrouvons le surpoids et l’obésité – à hauteur de 11 % des cas. De plus, entre 20 et 30 % des patientes développent également des métastases, bien que ce même phénomène entraîne la mort d’une grande partie des cellules cancéreuses. Habituellement, la mort physiologique des cellules de l’organisme est relative  un phénomène particulier : l’apoptose. Il est question d’une autodestruction des cellules en réponse à un signal.

Toutefois, une autre forme de mort cellulaire a été mise en lumière par une étude française en 2014 : la ferroptose (voir schéma ci-après). Il s’agit d’une mort cellulaire par nécrose impliquant le fer libre de l’organisme et un stress oxydatif. La mort de la cellule intervient en raison d’une altération du métabolisme d’oxydoréduction de la cellule et d’une perméabilité membranaire. Or, le développement des métastases lors d’un cancer implique une plus grande absorption de lipides exogènes par les cellules, ce qui entraîne justement l’indésirable stress oxydatif.

schéma ferroptose
Crédits : Emma Lachaier / Université de Picardie Jules Verne

L’espoir de nouvelles thérapies

Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications le 24 août 2021, des chercheurs de l’Université Duke (États-Unis) se sont intéressés aux taux de cholestérols élevés (hypercholestérolémie) comme facteur de risque. Les scientifiques ont cultivé en laboratoire des lignées de cellules cancéreuses concernant les cancer du sein et le mélanome. Or, ils ont exposé ces lignées à un métabolite circulant du cholestérol : 27HC. Les meneurs de l’étude ont mis en évidence une réaction : les cellules présentaient une activité importante de l’enzyme GPX4. Or, cette dernière joue un rôle dans la synthèse du glutathion, un habituel protecteur des cellules face au stress oxydatif.

Par ailleurs, la présence de 27HC augmente la capacité des cellules à produire des tumeurs. Ainsi, ces mêmes cellules provenant de la tumeur primaire pourraient se défaire de la matrice extracellulaire – un assemblage de macromolécules liant cellules pour les organiser en tissus – et se disséminer sans subir les mécanismes relatifs à la ferroptose.

Enfin, il faut savoir que ces travaux donnent l’espoir de nouvelles perspectives en matière de thérapie. Celles-ci sont d’ailleurs multiples car différents axes sont actuellement à l’étude. Par exemple, il peut s’agir de réduire l’impact de l’hypercholestérolémie via un traitement adapté ou encore, d’empêcher la conversion du cholestérol en métabolite 27HC. De plus, GPX4 est un candidat très sérieux dans l’élaboration de traitements puisque des inhibiteurs de cette enzyme sont en cours d’élaboration.