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Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont perturbé l’atmosphère terrestre

La ville allemande de Cologne en 1945. Crédits : Wikipédia / U.S. Department of Defense

Une récente étude nous montre aujourd’hui que les ondes de choc générées par certains bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont atteint le bord de l’espace, affaiblissant la ionosphère terrestre.

Dès 1942, les bombardements alliés ont ravagé certaines villes allemandes. Mais les explosions massives de ces bombes lourdes ont également fait des dégâts plus haut, certaines ondes atteignant même la ionosphère terrestre située entre 80 et 580 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre. Et celle-ci – électrifiée par le rayonnement solaire – s’est temporairement affaiblie, révèle l’étude publiée dans la revue Annales Geophysicae.

«Les images de quartiers réduits en ruines à travers l’Europe à la suite des raids aériens en temps de guerre rappellent durablement les destructions causées par les explosions causées par l’Homme, écrit Chris Scott, professeur de physique à l’Université de Reading, en Angleterre, et principal auteur de l’étude. Mais l’impact de ces bombes dans l’atmosphère terrestre n’a jamais été réalisé jusqu’à présent».

L’étude s’est ici concentrée sur les mesures ionosphériques effectuées de 1943 à 1945 au-dessus du Radio Research Center de Slough, au Royaume-Uni, où des chercheurs enquêtaient sur la haute atmosphère terrestre. Le but était alors d’évaluer si des changements enregistrés dans la structure de la ionosphère pouvaient éventuellement être attribués, non pas à des phénomènes naturels, mais à des activités de l’Homme, alors en pleine guerre.

En analysant les données du centre, les chercheurs ont alors pu observer une série de pulsations radio fréquentes sur une gamme de fréquences à ondes courtes pouvant atteindre les 100 à 300 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre. Ils se sont alors aperçus que ces pulsations correspondaient aux jours où les alliés avaient mené des raids sur les cibles allemandes. Et à chaque “pulsation”, la concentration d’électrons dans la ionosphère «diminuait considérablement», l’affaiblissant ainsi temporairement.

«Il est étonnant de voir comment les ondulations provoquées par les explosions causées par l’Homme peuvent affecter les limites de l’espace, poursuit le chercheur. Chaque raid a libéré l’énergie d’au moins 300 coups de foudre. La simple puissance impliquée nous a permis de quantifier l’impact des événements sur la surface de la Terre sur l’ionosphère».

La structure de l’atmosphère terrestre peut être modelée par divers événements naturels – vents solaires, éjections de masse coronales, tremblements de terre ou encore par la foudre. Il est donc intéressant de noter que l’Homme, par ses activités destructrices, est également capable d’influencer la ionosphère.

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