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Les blessures graves sont plus susceptibles d’être fatales pour les personnes ayant un groupe sanguin O

Crédits : Pixabay / geralt

Des chercheurs japonais ont récemment examiné les dossiers médicaux de plus de 900 patients admis dans des centres médicaux d’urgence de 2013 à 2016. Ils ont alors constaté que 28% des personnes de groupe sanguin O mouraient malgré une intervention médicale, comparé à 11% des personnes ayant un autre groupe sanguin.

Votre groupe sanguin peut-il influencer vos chances de survie lors d’un traumatisme sévère ? Il semblerait que oui. «Des études récentes suggèrent que le groupe sanguin O pourrait être un facteur de risque potentiel d’hémorragie», explique dans un communiqué Wataru Takayama, médecin à l’hôpital universitaire de Tokyo. «La perte de sang est la principale cause de décès chez les patients ayant un traumatisme grave, mais les études sur l’association entre différents types de sang et le risque de décès par traumatisme ont été rares. Nous voulions savoir si la survie au traumatisme pouvait être affectée par tel ou tel groupe sanguin».

Les différents types de sang humain se distinguent essentiellement par la combinaison d’antigènes qui couvrent constamment nos globules rouges. Hérités de nos parents, ces antigènes peuvent être décomposés en 35 groupes sanguins plus larges, les plus pertinents étant le groupe A, B, O, selon leur rhésus. Et parmi les 61 antigènes du groupe Rhésus, le plus essentiel est l’antigène D : la présence ou l’absence d’un antigène D entraîne le fait que vous ayez un type de sang positif ou négatif.

L’étude ne peut expliquer exactement pourquoi les personnes de type O sont plus susceptibles de décéder. Ce groupe sanguin est en revanche connu pour avoir des niveaux plus faibles de protéines responsables du contrôle des saignements, appelés facteurs de coagulation. L’une de ces protéines, le facteur de von Willebrand (vWF), est particulièrement importante dans la prévention des saignements majeurs. «Par conséquent, un niveau de vWF inférieur est une explication possible de l’augmentation de la mortalité chez les patients avec le groupe sanguin O, comme observé dans cette étude», ont écrit les auteurs. «Cependant, beaucoup de différences dans les mécanismes de l’hémostase selon le type de sang restent inconnues».

D’autres groupes sanguins ont leurs propres problèmes, notent les auteurs. Le surplus de facteurs de coagulation trouvé dans les types non-O peut signifier que vous ne saignez pas aussi facilement. Cela augmente également les chances de développer des caillots inutiles susceptibles de se coincer quelque part et de couper la circulation sanguine, ce qui peut causer des embolies potentiellement mortelles.

Parce que l’échantillon de cette expérience est ici entièrement composé de patients japonais, les chercheurs espèrent que de futures études pourront s’intéresser à différentes populations. Chaque pays a en effet tendance à avoir différentes distributions de groupes sanguins. Aux États-Unis par exemple, environ 45% des personnes ont du sang de type O, contre environ 30% au Japon et 36% en France.

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