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Les bisons sauvages bientôt de retour en Grande-Bretagne

Crédits : and-kulak/Pixabay

Un troupeau de bisons sauvages sera réintroduit dans une réserve naturelle au Royaume-Uni au printemps 2022. L’idée : restaurer la diversité d’un écosystème de plus en plus pauvre.

Des bisons sauvages bientôt en Angleterre, c’est la promesse d’un projet nommé “Wilder Blean”, porté par le Kent Wildlife Trust et le Wildwood Trust. La réintroduction aura lieu dans une zone d’environ 1000 hectares située dans le sud-est de l’Angleterre, près de Canterbury.

Au cours de cet événement, un groupe de quatre bisons d’Europe (Bison bonasus), dont un mâle et trois femelles, en provenance des Pays-Bas et de Pologne seront relâchés. Les chercheurs s’attendent à ce qu’un nouveau-né soit produit chaque année.

Les bisons, ingénieurs de l’écosystème

Au même titre que les castors avec leurs barrages, les bisons façonnent en effet leur environnement naturel de manière très marquée. En plus de manger de l’herbe, ces ongulés peuvent également ouvrir de nouveaux territoire en piétinant de petits arbres. Se faisant, les bisons inondent de lumière certaines zones autrement à l’ombre.

Ces nouveaux environnements peuvent alors permettre à un plus large éventail de plantes et d’animaux de s’épanouir. Les chercheurs évoquent notamment des plantes du genre Melampyrum, qui comprend une trentaine d’espèces, très appréciées du Mélitée du mélampyre, une espèce rare de papillon.

« Si nous acceptons que notre environnement soit dans une situation désespérée, et elle l’est, alors nous devons agir maintenant. Le temps presse, alors laisser la nature nous aider, plutôt que d’essayer de réinventer la roue, paraît plutôt logique, souligne Craig Bennett, directeur général des Wildlife Trusts. Notre objectif est de voir 30% des terres et des mers de ce pays consacrées à la nature d’ici 2030 ».

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Un jeune bison d’Europe et sa mère. Crédits : marcelkessler/Pixabay

Réintroduction ? Pas tout à fait

Nous savons qu’une espèce de bison à longues cornes – le bison des steppes (Bison priscus) – parcourait la campagne anglaise. D’après les registres fossiles, cette espèce se serait ensuite éteinte il y a environ 9 000 ans.

Avec le bison américain (Bison bison), son cousin européen est le parent plus proche de cet ancêtre. Cependant, le bison d’Europe n’a peut-être jamais fréquenté la Grande-Bretagne. Ainsi, au sens strict du terme, cette réintroduction est en réalité une introduction pure et simple.

Toujours est-il que cette nouvelle approche, en plus de restaurer la biodiversité locale, permettra également de redonner un souffle supplémentaire à cette espèce encore fragile.

En effet, les bisons d’Europe ont été largement chassés après la fin de la Première Guerre mondiale, au point qu’il ne restait qu’une poignée d’individus. Des programmes d’élevage en captivité ont permis de reconstituer un peu les effectifs, tous issus de ces derniers survivants. On en dénombre aujourd’hui environ 5 000. Ce qui est mieux, mais pas encore suffisant.

Cette nouvelle décision d’introduire des bisons en Grande-Bretagne soulève également une autre question : doit-on également réintroduire de nouveaux prédateurs ? Nous savons en effet que les loups, les lynx ou encore les ours parcouraient autrefois ces terres, maintenant les populations d’herbivores sous contrôle. Pour l’heure, rien n’est envisagé de ce côté.