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Les bactéries apprécient les microplastiques et c’est une très mauvaise nouvelle

Crédits : Institut de technologie du New Jersey

Les microplastiques, que l’on retrouve un peu partout aujourd’hui, sont au cœur d’une nouvelle étude dont les résultats sont très préoccupants. Des chercheurs étasuniens expliquent que ceux qui se trouvent dans les eaux usées transportent des bactéries potentiellement de plus en plus résistantes aux antibiotiques.

De véritables nids à microbes

Ils proviennent de nos déchets plastiques, nos vêtements ou encore nos cosmétiques et mesurent moins de 5 mm de longueur. Aujourd’hui, les microplastiques sont partout, dans les océans, les rivières au niveau des pôles et même les sommets montagneux. Ils représentent donc un danger pour l’environnement, mais aussi la santé humaine. En août 2020, des microplastiques (et nanoplastiques) ont été détectés dans des tissus humains pour la toute première fois. Chaque année, les humains ingèrent individuellement jusqu’à 2 000 particules de microplastiques par semaine, c’est-à-dire le poids d’une carte de crédit (5 g).

L’humanité doit désormais aussi composer avec une nouvelle problématique concernant les microplastiques. Une équipe de l’Institut de technologie du New Jersey (États-Unis) les a étudiés dans le cadre du processus de traitement des eaux usées. Ces travaux à paraître dans le Journal of Hazardous Materials Letters ont été détaillés dans un communiqué publié le 17 mars 2021.

Dung Ngoc Pham, auteur principal de l’étude a commencé par indiquer que les stations d’épuration n’étaient dans leur grande majorité pas capables de traiter les microplastiques. Or, le fait est que ces stations sont des points de convergence pour une importante quantité de microplastiques. Elles le sont également pour certains produits chimiques et agents pathogènes. Malheureusement, les microplastiques sont de véritables nids à microbes.

microparticules plastiques
Crédits : Oregon State University / Flickr

Échanges de gènes entre bactéries

Dans le cadre de ces travaux, les scientifiques ont collecté des échantillons de boue provenant de trois stations d’épurations de l’État du New Jersey. À ces échantillons, les scientifiques ont volontairement ajouté des microplastiques dont la nature est commune : le polyéthylène (PE) et du polystyrène (PS). En utilisant diverses techniques, dont l’analyse génétique PCR (Polymerase Chain Reaction), ils ont pu comprendre le développement des bactéries sur les microplastiques, ainsi que leurs modifications génétiques.

En s’appuyant sur leurs les résultats, les chercheurs ont observé la présence des gènes sul1, sul2 et intl1. Or, leur présence était jusqu’à trente fois plus nombreuse dans les biofilms qu’ont formés les microplastiques que sur d’autres biofilms (sable). Ces gènes sont d’ailleurs connus pour favoriser la résistance aux antibiotiques. Les scientifiques ont donc ajouté un antibiotique aux échantillons et ont observé une multiplication par 4,5 de ces fameux gènes.

En pénétrant dans les stations d’épuration, les microplastiques se mélangent aux boues puis des bactéries s’y fixent. Ces dernières peuvent alors sécréter des substances extracellulaires semblables à de la colle. Au fil du temps, d’autres bactéries s’ajoutent et se développent à leur tour. En échangeant de l’ADN entre elles, les bactéries propagent les gènes de résistance aux antibiotiques.

Les chercheurs poursuivent aujourd’hui leur enquête afin de savoir comment les microplastiques porteurs de bactéries peuvent contourner le processus de traitement de l’eau.