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Les arbres aussi sont impactés par la pollution sonore !

Crédits : Jarmoluk

La pollution sonore touche les humains ainsi que les animaux. Or, une étude étasunienne sur une quinzaine d’années ayant fait l’objet d’une publication récente affirme que ce type de pollution impacte également les arbres. Selon les chercheurs, cela occasionne un appauvrissement de la diversité de la végétation aux endroits concernés.

Le bruit fait fuir les oiseaux essentiels aux arbres

En 2018, nous évoquions comment la pollution sonore pouvait impacter le chant des oiseaux. Cela provoque chez ces animaux un stress chronique influant négativement sur leur horloge biologique et donc, leur capacité à s’accoupler. Avant cela, plusieurs études avaient déjà affirmé que le bruit sera la prochaine grande crise de santé publique dans les espaces urbains. Chez l’humain, la pollution sonore cause ainsi de l’hypertension, de l’insomnie, d’autres troubles du sommeil et évidemment, la perte d’audition.

Une étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B le 14 avril 2021 souligne quant à elle que le bruit nuit aussi aux arbres et à la végétation en général. Et surtout, ses effets peuvent durer longtemps après un éventuel retour au silence. Les biologistes de l’Université d’État polytechnique de Californie à San Luis Obispo (États-Unis) ont découvert une réduction de 75 % des jeunes pousses de pins à pignon dans les zones bruyantes, en comparaison aux zones plus calmes.

Les chercheurs ont ensuite examiné des zones où la pollution sonore avait disparu. Le but était d’observer la réaction des arbres en partant du principe qu’en l’absence de bruit, ceux-ci allaient se remettre assez rapidement. Ils supposaient en effet que les oiseaux allaient revenir disperser les graines des arbres sur les parcelles désormais silencieuses.

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Crédits : GeorgeB2 / Pixabay

Un manque de considération du problème de pollution sonore

Toutefois, les résultats démontrent un déclin sur le long terme des jeunes pousses. Les oiseaux ne reviennent en effet pas sur les parcelles auparavant bruyantes. Certaines espèces comme le geai buissonnier apprennent même à éviter certaines zones. En somme, faire disparaître le bruit n’entraîne pas forcément une reprise des fonctions écologiques. Les chercheurs pensent que les animaux peuvent prendre un certain temps pour redécouvrir des lieux auparavant trop bruyants. Toutefois, cette durée est impossible à quantifier.

« Les effets de la pollution sonore provoquée par l’Homme s’infiltrent dans la structure de ces communautés forestières », a déclaré Clint Francis, coauteur de l’étude.

En attendant, les biologistes estiment que l’évaluation des impacts de l’urbanisation sur la nature doit prendre en compte les nuisances sonores, mais aussi la pollution lumineuse, toutes deux trop souvent ignorées.