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Les animaux menacés de disparition vivraient mieux dans les zones sans réseau téléphonique

Crédits : Wikipedia / USFWS - U.S. Fish and Wildlife Service Digital Library System

Une nouvelle étude révèle que les grands félins et des douzaines d’autres espèces de mammifères en voie de disparition vivent mieux dans les endroits où il n’y a pas de couverture téléphonique.

L’étude, publiée le mois dernier dans Biological Conservation, se penche sur la répartition des animaux de 45 espèces de mammifères moyens et grands dans la forêt atlantique brésilienne. Ces données ont été comparées avec la distribution des antennes cellulaires installées dans la région. Résultat : Sur plus de 18 000 observations d’animaux, seulement 18 % se sont produites dans des zones où la couverture pour les réseaux mobiles était correcte. La relation était encore plus frappante pour les espèces menacées comme le jaguar : seulement 4 % des apparitions ont eu lieu dans des endroits où vous pouviez passer un appel téléphonique.

L’étude résulte d’un projet déjà bien établi appelé Human Footprint Index, qui se penche sur des facteurs tels que les routes, l’éclairage nocturne et la densité de population humaine pour déterminer l’impact de la civilisation sur les systèmes naturels. Ces observations permettent ainsi aux conservateurs de prendre des décisions stratégiques sur les habitats à protéger. Cet indice, bien qu’encore incroyablement utile, se base néanmoins sur des données antérieures à 2005, c’est-à-dire avant la prolifération mondiale des appareils mobiles. Ces douze dernières années ont pourtant fait une grande différence : l’étude révèle en effet que de nombreux sites dépourvus de routes, et donc a priori hospitaliers pour la faune, ont en réalité des niveaux élevés de couverture de réseau.

Ainsi pour les chercheurs, il s’agit ici de « la première étude démontrant que la couverture des téléphones portables peut être utilisée comme un outil plus simple, moderne et sans précédent pour évaluer l’influence humaine ». Cet article apporte « une contribution précieuse au domaine de la biologie de la conservation », ajoute Richard Schuster, biologiste à l’Université Carleton (Canada). William F. Laurance, professeur et chercheur à l’Université James Cook en Australie, félicite également l’étude : « Ce n’est qu’une autre preuve démontrant que les espèces sauvages vulnérables ont besoin de lieux exempts de toute influence humaine ».

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