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Les anciens radiateurs, une arme de lutte contre la pandémie de Covid-19 ?

Crédits : GollyGforce / Flickr

Au début du 20e siècle, la ventilation pour lutter contre les maladies a poussé les ingénieurs à concevoir des radiateurs à vapeur « surchauffant » encore aujourd’hui certaines habitations. L’objectif ? Ouvrir les fenêtres même en plein hiver afin d’aérer les logements.

L’ennemi numéro un : l’air exhalé

À première vue, il n’est pas facile d’établir un lien entre les pandémies et les systèmes de chauffage. Et pourtant, les anciens radiateurs à vapeur ont joué un rôle très important dans la lutte contre la grippe espagnole (1918-1919). Rappelons au passage que cette pandémie avait causé entre 50 et 100 millions de décès dans le monde. Comme l’explique Bloomberg dans un article du 6 aout 2020, des radiateurs à vapeur sont toujours présents dans les vieux buildings des grandes villes des États-Unis. Or, ceux-ci avaient un rôle bien précis, à savoir « surchauffer » les logements afin de pouvoir les aérer même en plein hiver.

À cette époque, l’ennemi public numéro un était l’air exhalé, que l’on considérait comme vicié et dangereux. Sous l’impulsion de l’expert en santé publique Lewis Leeds, les autorités sanitaires avaient fait des radiateurs à vapeurs leur arme principale. L’intéressé estimait que l’air exhalé était responsable de 40 % des décès aux États-Unis. Ainsi, l’idée d’ouvrir ses fenêtres en toute saison fit progressivement son chemin.

En 1901, une loi fit son apparition : le New York State Tenement House Act. Celle-ci rendit obligatoire la présence d’une fenêtre donnant sur l’extérieur dans chaque pièce des logements de l’État de New York. Lorsque la grippe espagnole arriva en 1918, ouvrir ses fenêtres était donc devenu indispensable. En revanche, il fallut concevoir des radiateurs capables de chauffer une habitation dans ces conditions, et ce malgré le froid de l’hiver. Ainsi, les fameux radiateurs à vapeur firent leur apparition, capables de chauffer une pièce de manière intense. Ainsi, il y régnait une température confortable même avec les fenêtres ouvertes.

vieux radiateur
Crédits : Wallpaper Flare

Un possible rôle dans la pandémie actuelle

Et si ces radiateurs à vapeur pouvaient lutter contre la pandémie de Covid-19 ? Dans le cas de New York, environ 80 % des bâtiments datent des années 1900-1930 et sont encore équipés de radiateurs à vapeur. Ceux-ci ont traversé les âges, non sans adaptation aux progrès technologiques. Par exemple, le carburant utilisé à changé, passant du fioul au gaz naturel, rendant les radiateurs encore plus performants.

En parallèle, l’isolation des logements a évolué, en particulier au niveau des fenêtres, si bien que les radiateurs sont devenus trop puissants. Il a donc fallu les transformer. Aujourd’hui, ces appareils arborent un revêtement sur leur surface et parfois, une protection en laine. Le but ? Réduire quelque peu leur pouvoir chauffant. Alors que le bilan Covid-19 des États-Unis se chiffre aujourd’hui à plus de 5,5 millions de cas pour environ 173 000 décès, les radiateurs à vapeur pourraient jouer un rôle significatif durant l’hiver prochain.