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Les 40e rugissants et 50e hurlants n’ont jamais été aussi forts depuis un millénaire

Crédits : Wagner51 / Wikimedia Commons

Si les scientifiques nous répètent que les cyclones devraient gagner en puissance avec le réchauffement des océans, il semble que le même processus soit à l’oeuvre dans l’océan Austral où les vents n’auraient jamais été aussi forts depuis un millénaire. 

Les eaux qui entourent le continent glacé – l’Antarctique – sont bien connues pour leur danger extrême. L’absence de terres pour atténuer les vents génère un mouvement d’air continu et puissant, accentué par une masse d’air glaciale qui génère des dépressions explosives. Ces vents tempétueux ont donné leur nom aux 40e rugissants au 50e hurlants, les latitudes situées entre les 40e et 50e parallèles dans l’hémisphère Sud. La mer y est également particulièrement formée et crainte par les marins puisque les plus gros creux peuvent atteindre les 35 mètres. S’y ajoutent enfin d’immenses icebergs qui dérivent dans ces eaux agitées, les plus grands d’entre eux pouvant atteindre la taille de petits pays.

Cette zone qui est si agitée est régulièrement observée par les scientifiques qui tentent de comprendre quelles pourront être les conséquences du réchauffement climatique sur l’Antarctique et l’océan Austral. D’après une étude de l’Australian National Université publiée dans la revue Nature, les vents qui soufflent autour du continent glacé n’ont jamais été aussi fort depuis les 1000 dernières années. « Le renforcement de ces vents a été particulièrement net au cours des 70 dernières années, et en combinant nos observations avec les modèles climatiques, nous pouvons clairement lier ce phénomène à la hausse des gaz à effet de serre. (…) L’Antarctique défie la tendance. Tous les autres continents se réchauffent et l’Arctique est celui qui se réchauffe le plus vite », explique Nerilie Abram, rapporteur de la recherche publiée dans la revue Nature Climate Change.

Si l’Antarctique est moins touché que les autres continents par l’élévation moyenne des températures, il le doit en grande partie au trou dans la couche d’ozone ainsi qu’aux vents qui l’entourent et qui préservent la masse d’air glacial sur le continent. La température la plus froide détectée par l’Homme à la surface de la planète a d’ailleurs été enregistrée le 10 août 2010 près des Dômes Argus avec -93,2 °C (lire notre article). Le lien de cause à effet étant établi, l’équipe de scientifique menée par Nerilie Abram a utilisé des carottages ainsi que l’analyse des anneaux de croissance d’arbres sud-américains pour reconstituer l’évolution des températures sur les côtes antarctiques. Ils ont pu ainsi en déduire que la ceinture venteuse n’avait jamais été aussi puissante durant les 1000 dernières années, entraînant une aggravation climatique en Australie avec des sécheresses répétées.

L’intensité des vents se serait encore accentuée depuis les années 1970 suite à l’élargissement du trou dans la couche d’ozone résultant des rejets de chlorofluorocarbures par l’industrie. Il devrait désormais progressivement se combler et peut-être ralentir la ceinture venteuse.

Sources : Nature, Belga, Futura Sciences

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Rédigé par Raphaël Rezvanpour