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Les léopards d’Afrique du Sud vont-ils disparaître ?

Crédits : iStock

En Afrique du Sud, les léopards pourraient disparaître du massif de Soutpansberg d’ici à 2020. Entre 2012 et 2016, leur densité (nombre d’animaux/100 km2) a chuté de plus de 40 %.

Majestueux, redoutable, discret, solitaire et d’une beauté évidente, le léopard d’Afrique du Sud vit peut-être ses dernières heures en ce moment même. Leur nombre s’effondre en effet très rapidement dans le nord du pays et plus précisément dans le massif du Soutpansberg où ils étaient autrefois des dizaines de milliers. Déjà classé comme vulnérable sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ils ne sont aujourd’hui que 4 500, la plupart braconnés par des éleveurs voulant protéger leurs troupeaux. Une nouvelle étude alerte sur le fait qu’ils pourraient disparaître de cette zone d’ici à 2020.

En 2008, ils étaient plus de 10 léopards par 100 km2. Ils ne sont aujourd’hui que 3,6, un déclin jugé « extrêmement rapide » par les chercheurs. Ce constat amer fait suite à une campagne de recensement menée de janvier 2012 à février 2016 grâce à des appareils photo installés sur le terrain et dont les résultats ont été publiés dans la revue Royal Society Open Science. Au total, seize adultes mâles, 28 adultes femelles et 21 petits ont été photographiés. Ils ont aussi muni huit félins d’un collier GPS pendant 455 jours. Trois sont morts dans des pièges, un a été abattu sans permis et deux ont disparu et sont présumés morts.

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« Si l’on suppose que notre zone d’étude est représentative de l’ensemble des 6 800 km2 du massif du Soutpansberg, une extrapolation de nos conclusions suggérerait que le nombre total de léopards adultes dans le Soutpansberg est tombé d’environ 630 en 2008 à 250 en 2016 », a indiqué Sam Williams, principal auteur de cette étude. « Si la tendance à la baisse actuelle n’est pas freinée, il ne restera plus de léopards dans l’ouest du Soutpansberg d’ici à 2020 », avertit le chercheur. « C’est particulièrement inquiétant dans la mesure où dans cette région, la densité de léopards était l’une des plus élevées d’Afrique ».

La menace est humaine. Les éleveurs grappillant toujours plus de terrain, les proies se font plus rares. Les léopards s’attaquent alors au bétail, plus facile à chasser. Les Hommes posent alors des pièges, chassent et empoisonnent les félins. Pour le chercheur, aider les populations locales à « adopter des techniques non létales » comme des chiens de garde est « essentiel ».

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