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L’énigme des super-centenaires pourtant gros fumeurs

Crédits : Pexels / Pixabay

Si la consommation de tabac fait des ravages, il existe une poignée d’individus qui vivent très longtemps tout en étant des fumeurs réguliers. Des chercheurs ont constaté chez eux un patrimoine génétique rare, et travaillent sur l’élaboration d’un test de probabilité de survie à un âge avancé.

Les exemples de fumeurs réguliers qui parviennent à vivre très longtemps sont rares, mais ils interpellent. Jeanne Calment par exemple, Française et doyenne de l’humanité de 1989 jusqu’à sa mort, en 1997 à l’âge de 122 ans, était fumeuse régulière et n’aurait même arrêté qu’à l’âge de 117 ans. Dorothy Howe, une Anglaise, est aujourd’hui âgée de 102 ans et avoue combiner quotidiennement une consommation de whisky avec une quinzaine de cigarettes.

La règle de la consommation du tabac qui veut que celui-ci tue chaque année six millions de personnes dans le monde et qu’un milliard de personnes en mourront au cours du XXIe siècle semble donc contournée par ces quelques exceptions, ce qui a poussé la science à s’y intéresser de plus près. Le patrimoine génétique de ces fumeurs longue durée a donc été étudié par des chercheurs qui, dans une étude parue dans le Journal de la gérontologie, ont constaté une résilience innée de leur organisme.

Chez ces fumeurs, les risques liés au tabac sont confrontés à la résistance de toute une série de marqueurs génétiques. « Il existe des preuves que ces gènes peuvent faciliter l’allongement de la durée de vie en augmentant l’entretien et la réparation cellulaire », déclare Morgan E. Levine au Washington Post. L’étude a comparé les caractéristiques physiologiques de 90 fumeurs ayant vécu plus de 80 ans avec celles de 730 fumeurs ayant vécu moins de 70 ans. Ceux du premier cas ont affiché des caractéristiques physiologiques (pression sanguine, fonctions immunitaires…) égales à celles des personnes du même âge, mais non-fumeurs, ce qui n’était pas le cas des fumeurs décédés avant 70 ans.

Pour les chercheurs, grâce à ces informations, il est désormais possible d’établir un « taux de risque génétique » pouvant prédire aux fumeurs la probabilité de survie à un grand âge. Chacun pourra évaluer ses risques pour la santé à fumer régulièrement à travers un test actuellement mis au point par ces chercheurs. Toutefois, il ne s’agit pas là d’inciter à poursuivre une consommation de tabac si le patrimoine génétique le permet, prévient Morgan E. Levine : « La proportion de personnes ayant une signature génétique qui aiderait à faire face aux contraintes biologiques du tabagisme est extrêmement faible, et, par conséquent, personne ne devrait utiliser ce document comme une excuse pour continuer à fumer ».

Source : washingtonpost, lemonde