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L’empreinte environnementale (édifiante) des navires de croisière

Crédits : pixabay

L’ONG Transport & Environment a calculé les émissions d’oxydes de soufre des bateaux de croisière de luxe du géant Carnival Corporation. Et les résultats sont (très) préoccupants.

L’industrie de la croisière affiche une santé quasi insolente. Plusieurs dizaines de millions de personnes privilégient désormais, chaque année, le “paquebot” (7,17 millions en Europe, en 2018, relève Le Figaro). Et forcément, il y a un prix environnemental à payer. L’ONG Transport & Environment s’est récemment intéressée de près au sujet, évaluant la quantité d’oxydes de soufre – l’un des principaux polluants de l’air – rejetée par la flotte du croisiériste Carnival Corporation (maison mère de Costa Croisières) dans les ports européens en 2017.

10 fois plus de pollution atmosphérique (SOx) que toutes les voitures

On apprend alors que la flotte de cette compagnie aurait émis, à elle seule, près de 10 fois plus d’oxydes de soufre (SOX) le long des côtes européennes que les 260 millions de voitures sur ce même territoire. Et ce, on le rappelle, rien qu’en 2017. L’étude nous communique également un classement des ports les plus pollués. Cinq ports français figurent dans le top 50 : Marseille, Le Havre, Nice, Cannes et La Seyne-Sur-Mer. Les deux pays qui affichent le plus d’émissions sont l’Espagne et l’Italie (Barcelone, Palma de Majorque ou encore Venise).

Le rapport se concentre principalement sur les quantités d’oxydes de soufre, mais tient également à rappeler que la pollution s’étend également aux émanations d’oxydes d’azote et aux particules fines. À Marseille par exemple, les paquebots seraient ainsi à l’origine de 10 % de la pollution atmosphérique.

C’est à l’Europe de prendre des mesures

« Les navires de croisière de luxe sont des villes flottantes alimentées par le carburant le plus sale possible, explique Faig Abbasov, responsable de la politique maritime de l’ONG. Les villes interdisent à juste titre les voitures diesel sales, mais elles donnent un laissez-passer gratuit aux compagnies de croisière qui émettent des vapeurs toxiques qui causent des dommages incommensurables à la fois à ceux qui se trouvent à bord et sur les rives à proximité. C’est inacceptable ».

L’ONG jette la pierre aux croisiéristes, en général, les accusant de ne rien entreprendre pour endiguer le problème. Au regard de ces nouveaux résultats, la balle est donc dans le camp des politiques, qui devront, à un moment ou à un autre, prendre des mesures drastiques.

« Il existe suffisamment de technologies éprouvées pour nettoyer les navires de croisière. L’électricité côté terre peut aider à réduire les émissions dans les ports, les batteries sont une solution pour les distances plus courtes et la technologie à l’hydrogène peut alimenter même les plus gros navires de croisière, poursuit Faig Abbasov. Le secteur des croisières n’est apparemment pas disposé à opérer volontairement ce changement. Les gouvernements doivent donc intervenir et imposer des normes zéro émission ».

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