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L’élevage intensif pourrait être le terreau des prochaines grandes pandémies

Crédits : EPA

Pour l’écrivain américain Jonathan Safran Foer, il est temps de tirer les leçons de la crise du Covid-19, notamment au niveau de nos modes de vie. Selon lui, les élevages intensifs pourraient malheureusement être à l’origine de futures pandémies mondiales.

Stopper l’élevage intensif ?

Avec 3,5 millions de cas pour presque 250 000 décès, le bilan de la pandémie de Covid-19 est très grave. Bien que cette pandémie ne soit pas encore terminée, il incombe de se poser des questions et de tirer certaines conclusions. En effet, ne devrions-nous pas revoir nos modes de vie et de consommation ?

Dans un article publié le 20 avril 2020 dans The Guardian, l’écrivain américain Jonathan Safran Foer cible les élevages industriels. L’intéressé rappelle qu’actuellement, et depuis plusieurs décennies, la viande consommée par les humains provient d’animaux à la génétique uniformisée. Non seulement leur système immunitaire est faible, mais en plus l’administration de médicaments est monnaie courante. Citons également leurs terribles conditions de détention, régulièrement dénoncées par les organisations de défense des animaux.

Des “changements antigéniques”

Rappelons qu’il existe encore des zones d’ombre sur l’origine exacte du Covid-19 (SARS-CoV-2). Concernant le SRAS (2003), son réservoir animal a été identifié comme étant une chauve-souris insectivore. En revanche, les autres menaces de pandémies de grippes à virus telles que H1N1 (grippe porcine) et H5N1 (grippe aviaire) sont apparues dans des élevages industriels de porcs et de poulets avant de muter pour contaminer les humains.

Il est ainsi question de “changements antigéniques” à l’origine de nouveaux virus que notre système immunitaire ne connaît pas. Pas moins de 16 souches de nouveaux virus grippaux ont ainsi été identifiées ces dernières années, dont 11 sont de type H5 ou H7. En 2018, des chercheurs ont également découvert 39 changements antigéniques ayant joué un rôle dans l’apparition de souches dangereuses pour les humains. Or, une majorité de ces souches sont apparues dans des exploitations d’aviculture intensive.

elevage poulets
Crédits : Association L214

Pour Jonathan Safran Foer, la solution serait de prendre soin de la santé des animaux et donc, de leurs conditions d’élevage. Toutefois, il ne faut pas non plus oublier les animaux sauvages tels que les chauves-souris. Il s’agit alors de limiter et de réguler l’interaction humaine avec ce type d’animal.

Il y a peu, nous évoquions également un lien entre les perturbations du climat et autres incendies avec un risque accru concernant l’apparition des pandémies. Or, ces événements perturbent les routes migratoires des animaux sauvages. Ainsi, certaines espèces animales potentiellement porteuses de virus migrent vers des zones plus fraîches et se rapprochent davantage des humains.