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Comment l’eau a-t-elle pu façonner les canyons martiens ?

Crédits : Nasa

L’eau a en partie façonné les paysages martiens en creusant des canyons et de vastes réseaux de vallées profondes. Mais comment ce processus qui exige normalement des millions d’années a-t-il pu se produire sur Mars il y a 3,8 milliards d’années, alors que le climat était censé être très froid ? Cela serait grâce au volcanisme et à une atmosphère momentanément plus riche en CO2, suggère une nouvelle étude.

Les scientifiques ont longtemps débattu de la manière dont les canyons et les vastes réseaux de vallées profondes qui serpentent sur Mars avaient pu se former il y a quelque 3,8 milliards d’années. À l’époque, les conditions climatiques globales ne le permettaient pas puisque la Planète rouge reçoit moins d’énergie en raison de sa situation sur les bordures extérieures de la zone habitable du Soleil. Ainsi, le climat martien était censé être très froid. Mais une récente étude parue dans Earth and Planetary Science Letters suggère que notre voisine Mars aurait pu connaître en réalité plusieurs périodes chaudes au cours de sa jeunesse permettant ainsi aux pluies de modeler ce paysage de Far West.

Selon leur modèle climatique, ces périodes de réchauffement auraient pu durer jusqu’à 10 millions d’années, ce qui laisserait à l’eau qui ruisselle le temps de creuser, de façonner le paysage martien tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, ressemblant aux canyons de l’Ouest américain. Les chercheurs avancent que la cause de ces périodes de réchauffement climatique serait l’activité volcanique. Rejetés par le volcanisme, libérés par le refroidissement du magma et suintant de la croûte terrestre, les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone se seraient alors accumulés dans l’atmosphère, mais « parce qu’il faisait froid, les pluies étaient encore rares et n’ont pas pu entraîner beaucoup de carbone dans les roches, par altération chimique », explique Natasha Batalha, principale auteure de cette étude.

Crédits : NASA / JPL-Caltech / Arizona State University

Le gaz carbonique piégé dans l’atmosphère, la planète commençait alors à lentement à se réchauffer, le rythme des pluies augmentait et l’altération chimique des sols permettait ensuite l’enfouissement du carbone. Si le volcanisme ne parvient pas à compenser ce piégeage du CO2, un nouvel âge glaciaire s’installe. Pour la chercheuse, si le taux de gaz carboniques était élevé, les conséquences auraient été des pluies très acides capables de dissoudre les roches carbonatées en surface et de les déposer en dessous.

Il ne reste plus qu’à creuser pour vérifier cette hypothèse. Un travail de forage qui pourrait bien être confié au futur atterrisseur de la Nasa, Insight (Interior exploration using seismic investigations, geodesy and heat transport) dont le lancement est prévu en 2018.

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