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Le visage reconstitué d’un « vampire » du XVIIIe siècle

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Crédits : Parabon Nanolabs, Virginia Commonwealth University)

À la fin du XVIIIe siècle, un homme fut enterré dans le Connecticut avec ses fémurs disposés de manière entrecroisée sur sa poitrine. Ce placement particulier suggère que les locaux pensaient qu’il s’agissait d’un « vampire ». Plus de deux cents ans plus tard, des preuves ADN révèlent à quoi cet homme aurait pu ressembler.

Entre le XVIIe et le XIXe siècle, la peur suscitée par l’existence présumée des « vampires » inspira divers moyens d’empêcher ces créatures de revenir hanter les vivants. On exhumait parfois les cadavres suspects pour détruire le corps par crémation, par exemple, tandis que certains prenaient le soin de les décapiter et de leur enfoncer un pieu dans le cœur. D’autres moyens consistaient également à enterrer les cadavres sur le ventre, de sorte que si un vampire venait à se réveiller, ce dernier ne pourrait que ronger le sol.

Un autre stratégie consistait à placer les fémurs sur la poitrine des défunts en les croisant, toujours dans l’idée d’empêcher ces présumés « vampires » de sortir de leur tombe. Dans le cadre d’une récente étude, des chercheurs ont analysé les ossements de l’une de ces personnes enterrée dans le Connecticut, aux États-Unis.

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Une pratique courante consistait à enterrer les vampires présumés les jambes croisées afin qu’ils ne puissent pas ressusciter d’entre les morts. Crédits : MDPI, Bâle, Suisse

Un simple fermier mort de la tuberculose

Les archéologues ont initialement déterré les restes du supposé vampire en 1990. Plus récemment, une équipe a entrepris d’extraire un peu de son ADN pour en apprendre davantage à son sujet. Cependant, travailler avec des os vieux de plus de deux siècles s’est avéré difficile. Avec le temps, le squelette se décompose et se fragmente, tandis que l’ADN de l’environnement provenant de bactéries et de champignons contamine généralement les échantillons.

Ces analyses ont été faites par des médecins légistes d’une société de technologie ADN nommée Parabon NanoLabs, et de l’Armed Forces DNA Identification Laboratory (AFDIL), une branche du US Armed Forces Medical Examiner System.

Ensemble, ces équipes ont conclu qu’au moment de la mort, l’homme (connu sous le nom de JB55) était un fermier d’environ 55 ans. Il souffrait également de la tuberculose. Or, historiquement, certaines personnes pensaient autrefois que les victimes de la tuberculose étaient des vampires, notent les auteurs.

Enfin, les chercheurs ont également déterminé que JB55 avait probablement la peau claire, les yeux bruns ou noisette, les cheveux bruns ou noirs et quelques taches de rousseur. À l’aide d’un logiciel de reconstruction faciale 3D, un artiste médico-légal a pu reconstituer son visage.

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Crédits : Parabon Nanolabs, Virginia Commonwealth University)

Il y a quelques semaines, des archéologues étaient également tombés sur un autre exemple de vampirisme présumé en Pologne. Une faucille était placée sur le cou d’une femme, tandis qu’un cadenas était posé sur le gros orteil de son pied gauche, de telle manière que si la défunte avait essayé de se lever, la tête aurait très probablement été coupée ou blessée.