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Le trou d’ozone de 2019 est le plus petit jamais observé depuis sa découverte en 1985 !

trou ozone
Trou d'ozone début septembre 2019. Crédits : capture vidéo / NASA.

La NASA et la NOAA ont annoncé que le trou d’ozone en cette année 2019 a été le plus petit jamais observé depuis sa découverte. Un record essentiellement dû à une circulation atmosphérique inhabituelle au-dessus du pole sud – laquelle a fortement limité la perte saisonnière en ozone. Il faut remonter à 1982 pour trouver une situation plus favorable.

Découvert en 1985, le trou d’ozone (O3) est devenu un symbole fort de l’impact que pouvaient avoir les activités humaines sur l’atmosphère. En effet, il est la conséquence des émissions de composés contenant du chlore, du fluor ou du brome. Lesquels furent largement utilisés par l’industrie au cours du vingtième siècle. Or, il s’agit de puissants oxydants de la couche d’ozone.

Grâce au protocole de Montréal signé en 1987 et à ses amendements, ces molécules ont progressivement été remplacées par d’autres moins néfastes pour l’ozone stratosphérique. Toutefois, la durée de vie des composés émis est élevée. De fait, si un retour à la normale est en cours, il prendra du temps. Encore plusieurs décennies selon les experts. Le niveau moyen de 1980 devrait à nouveau être atteint d’ici 2060-2070.

Le plus faible déficit d’ozone depuis 1982 

L’anomalie se forme chaque fin d’hiver au-dessus du continent antarctique. Autrement dit, entre septembre et octobre. Or, en cette année 2019, le trou d’ozone connaît sa plus faible extension depuis 1982. À son maximum le 8 septembre, il ne couvrait que 16,4 millions de km². Il est rapidement passé sous les 10 millions de km² depuis lors. À titre de comparaison, en temps normal son étendue culmine à un peu plus de 20 millions de km².

couche d'ozone
Comparaison du trou d’ozone entre 2014 et 2019. Plus les couleurs sont froides, plus la concentration en O3 est faible. Crédits : capture vidéo/NASA.

« C’est une bonne nouvelle pour l’ozone dans l’hémisphère sud. Mais il est important de reconnaître que ce que nous constatons cette année est dû à une stratosphère plus chaude que la normale. Ce n’est pas un signe que l’ozone atmosphérique est soudain en passe d’être rétabli », explique Paul Newman, directeur scientifique à la NASA.

La conséquence d’une stratosphère anormalement chaude

En effet, le record est à relier aux conditions météorologiques particulières qui se sont manifestées en cette fin d’hiver dans la haute atmosphère polaire. Comme en 1988 ou en 2002, un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) s’est mis en place au pôle sud. Il s’agit d’un phénomène tout à fait naturel qui se produit d’ailleurs fréquemment dans l’hémisphère nord – une fois tous les 2 à 3 ans environ.

Or, les réactions de destruction de l’ozone sont beaucoup moins efficaces à température plus élevée. En outre, de l’O3 provenant des latitudes subtropicales a été apporté vers le pôle par cette configuration particulière. Ainsi, le trou est resté limité.

Le réchauffement stratosphérique de septembre 2019 est d’une intensité record pour l’hémisphère sud en 40 ans d’observations. Aussi, il n’est pas très surprenant de voir ce minimum atypique. « Si le réchauffement n’avait pas eu lieu, nous envisagerions probablement un trou d’ozone beaucoup plus typique », indique Susan Strahan, spécialiste en sciences de l’atmosphère à la NASA.

Enfin, notons que le suivi détaillé de l’ozone stratosphérique est permis grâce à de nombreuses mesures effectuées sans relâche. Qu’elles soient fournies par satellites ou par lâcher de ballons météorologiques depuis la surface.

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