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Le « troisième pôle » pourrait perdre les deux tiers de son volume d’ici la fin du siècle

Kalam, Swat Valley, Pakistan. Crédits : Wikimedia.commons

Les deux tiers des glaciers de l’Himalaya et de l’Hindou Kouch pourraient être perdus d’ici à la fin du siècle si nous ne réduisons pas nos émissions de gaz à effet de serre, révèle un nouveau rapport.

Les glaciers de la région de l’Hindou Kouch Himalaya, qui traverse huit pays d’Asie, sont considérés comme le « troisième pôle » de la planète. Tout comme l’Arctique, la région – qui abrite quelques-uns des plus hauts sommets du monde, dont le mont Everest – est en première ligne face au réchauffement climatique. Ici, les températures se réchauffent plus vite qu’ailleurs. Selon un nouveau rapport signé de l’Hindu Kush Himalayan Monitoring and Assessment Programme (HIMAP), la région pourrait perdre les deux tiers de son volume de glace d’ici la fin du siècle.

Une région fragile

«C’est la crise climatique dont vous n’avez jamais entendu parler», a déclaré dans un communiqué Philippus Wester, principal auteur du rapport. Effectivement, les données manquaient jusqu’à présent. Si les efforts se concentrent principalement sur les pôles nord et sud, la réaction des régions himalayennes face au réchauffement climatique a rarement fait l’objet d’études. Le « troisième pôle » du monde contient pourtant une grande quantité de glace, et 10 grands bassins fluviaux concernant environ 250 millions de personnes qui en dépendent.

Et ces millions de personnes sont en première ligne. Pendant les mois d’été, les eaux de fonte des glaciers coulent en effet en aval et alimentent les cours d’eau. En hiver, les chutes de neige reconstituent normalement les volumes de glace perdus les mois d’été. Mais les glaciers se rétrécissent au fil du temps, ce qui signifie moins d’eau douce disponible. «Les glaciers sont comme des polices d’assurance qui fournissent de l’eau quand on en a le plus besoin pendant la saison sèche et en période de sécheresse», note le chercheur. Et ce genre de problème ne risque pas de s’atténuer.

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Sommets enneigés de la chaîne de montagnes Hindou Kush / Kalam, Vallée du Swat, Pakistan. Crédits : Wikimedia Commons.

La région pourrait perdre les deux tiers de sa glace d’ici 2100

Le nouveau rapport suggère en effet que même si nous arrivons à stabiliser la hausse des températures à +1,5°C – l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris sur le climat – cela entraînerait un réchauffement d’environ 1,8 °C dans l’Hindou Koush Himalaya. Le rapport pourrait être encore plus marqué dans les hautes altitudes, avec des températures pouvant augmenter de plus de  2°C, peut-on lire. Et cela ne sera pas sans conséquence. Même si nous parvenons à respecter les objectifs annoncés, cette zone pourrait perdre un tiers de ses glaciers d’ici 2100. Si la hausse de 1,5°C n’est pas contenue, alors la région pourrait perdre les deux tiers de sa glace.

Pour les chercheurs, la priorité reste maintenant de pouvoir déterminer quelles zones seront les plus affectées par cette perte de glace (et donc de ressources en eau douce). Des mesures devront alors être prises en conséquence. Les auteurs du rapport estiment qu’il sera nécessaire d’investir dans la région de 3,2 à 4,6 milliards de dollars par an d’ici à 2030 pour répondre à ces changements. Puis de 5,5 à 7,8 milliards de dollars par an d’ici à 2050.

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