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Le trafic illégal d’espèces menacées se répand en Europe

Crédits : Wikimedia Commons / U. S. Fish and Wildlife Service - Northeast Region

La vente en ligne relative aux espèces menacées se répand en Europe, selon une nouvelle enquête. Guépards, orangs-outans, ours, ivoire, en passant par les peaux d’ours polaires et le trafic de nombreux reptiles et oiseaux vivants, beaucoup d’animaux en sont victimes. Près de 12 000 « articles » sont d’ailleurs concernés, peut-on lire dans The Guardian.

Des chercheurs du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw) ont passé six semaines à suivre les annonces sur 100 sites de marché en ligne au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et en Russie. Ils expliquent avoir déniché plus de 5 000 annonces proposant de vendre près de 12 000 « articles », pour une valeur totale de 4 millions de dollars. Toutes les espèces concernées étaient menacées d’extinction.

Des groupes de protection de la faune ont récemment travaillé avec des sites de vente en ligne, notamment eBay, Gumtree et Preloved, afin de réduire ces échanges. En mars dernier, 21 géants de la technologie, dont Google, eBay, Etsy et Facebook ont rejoint la Coalition mondiale contre le trafic de la faune sauvage en ligne, et se sont engagés à réduire de 80 % le commerce illégal des espèces menacées. « C’est formidable de voir que nous faisons des progrès significatifs dans la perturbation et le démantèlement du commerce », explique Tania McCrea-Steele, responsable des campagnes et du respect de l’application des lois pour IFAW. « Mais l’ampleur du commerce est encore énorme ».

L’étude note que près de 20 % des annonces concernaient l’ivoire. Si une baisse du trafic est observée au Royaume-Uni et en France, une poussée est en revanche signalée en Allemagne, où les commerçants ont développé de nouveaux « mots de code » pour masquer leurs annonces. « C’est une guerre d’usure et nous ne pouvons jamais baisser la garde », poursuit McCrea-Steele. Le Royaume-Uni met actuellement en œuvre une interdiction plus stricte des ventes d’ivoire, et l’UE subit la pression des pays africains pour faire de même.

Le commerce illégal de reptiles représentait par ailleurs 37 % des annonces et concernait principalement des tortues. Les oiseaux en voie de disparition étaient également fréquents, représentant 31 % des annonces – perroquets et chouettes, pour la plupart. La majorité des annonces pour de grands animaux vivants ont été trouvées en Russie, où les grands félins et les ours sont considérés par certains comme des signes ostentatoires de richesse. Les léopards, les guépards et les jaguars étaient notamment proposés à la vente en Russie, tout comme plus de 130 primates, dont des orangs-outans, des lémuriens et des gibbons. Des peaux de félins provenant de lions, de tigres et de léopards, ainsi que des peaux d’ours polaires ont également été proposées au Royaume-Uni.