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Le test de Turing est-il ringard ?

Crédits : Humanrobo / Wikimedia Commons

Inventé entre 1947 et 1950 par Alan Turing, mathématicien et informaticien britannique, ce test mesure la capacité d’une intelligence artificielle à penser. À l’époque, Turing parie que « d’ici cinquante ans, il n’y aura plus moyen de distinguer les réponses données par un Homme ou un ordinateur, et ce sur n’importe quel sujet ».

Pour que le test soit valide, 30% au moins de l’assemblée doit penser que l’entité interrogée est humaine. Défi relevé le 7 juin dernier par Eugène Gootsman, adolescent à lunettes russo-ukrainien de 13 ans. Sauf que… Eugène n’est pas humain, c’est un programme développé par Vladimir Veseloc (Russie) et Eugene Demchenko (Ukraine).

Malgré cette réussite, la communauté scientifique est divisée sur la prestation de cette intelligence artificielle, tant sur le fond que sur la forme. D’autres pistes de recherches sont explorées, notamment les travaux du chercheur Hector Levesque.

Le Québécois a mis au point un nouveau test basé, non pas sur une interaction, mais sur un Questionnaire à Choix Multiples (QCM), le test Winograd, utilisant les capacités de compréhension humaines. Par exemple ? « Le ballon ne rentre pas dans le sac vert parce qu’il est trop petit. Qu’est-ce qui est trop petit ? ». Pour nous, la réponse est claire, mais pour un ordinateur, elle fait appel à des schémas de compréhension qui n’ont rien de spontané.

L’entreprise Nuance – spécialiste de la reconnaissance vocale – organise du 23 au 25 mars 2015 le premier Winograd Schema Challenge qui se déroulera à l’Université de Standford. L’objectif de cette compétition est de trouver un programme capable de répondre au QCM. Le gagnant se verra remettre un prix de 25 000 dollars.

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– Illustration : L’humanoïde Topio. Crédits photo Humanrobo