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Le télescope Cheops s’est envolé pour étudier les exoplanètes

Crédits : ESA

Le télescope Cheops de l’ESA s’est envolé hier depuis la Guyane française, dans le cadre de sa mission visant à caractériser les exoplanètes.

Plusieurs missions – Kepler ou TESS pour ne citer qu’elles – ont permis la découverte de milliers d’exoplanètes. Le James Webb Telescope et le télescope WFIRST, de la NASA, auront également bientôt l’occasion d’en trouver d’autres. Ce que nous propose aujourd’hui l’ESA dans le cadre de sa mission Cheops, c’est d’étudier quelques-uns de ces mondes plus en profondeur.

« Cheops amènera la science des exoplanètes à un tout autre niveau, a déclaré Günther Hasinger, directeur scientifique de l’ESA. Après la découverte de milliers de planètes, la quête peut maintenant se tourner vers la caractérisation. Nous allons enquêter sur les propriétés physiques et chimiques de ces mondes. Ces données nous permettront de savoir de quoi ils sont faits et comment ils se sont formés ».

L’instrument va tenter plus précisément de mesurer les minuscules changements de lumière lorsqu’un monde passe devant son étoile hôte. Cet événement, appelé transit, permettra de déterminer le diamètre précis de la planète. En combinant ces informations avec des données sur la masse des objets – obtenues par d’autres moyens – il sera alors possible de déduire sa densité.

« À partir de cela, nous pouvons estimer la composition et la structure interne de la planète », explique Kate Isaak, de l’ESA. Comprendre la géophysique de ces mondes extraterrestres est également essentiel si nous voulons appréhender les origines de la vie.

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Vue d’artiste du satellite Cheops et d’un système planétaire. Crédits : ESA

Un décollage retardé, mais réussi

La mission devait initialement décoller ce mardi mais le lancement a été interrompu pendant le compte à rebours final à 1 h 25, en raison d’une “anomalie”. Le satellite a finalement décollé ce mercredi depuis la rampe de lancement européenne à Kourou, en Guyane française, installé sur une fusée Soyouz russe.

Depuis, le satellite s’est placé en orbite comme prévu, à 710 kilomètres au-dessus de nos têtes. « Il est exactement là où nous voulions qu’il soit, c’est absolument parfait, a déclaré à l’AFP Didier Queloz, lauréat du prix Nobel de physique 2019. C’est vraiment un moment exceptionnel dans l’histoire spatiale européenne et dans l’histoire des exoplanètes ».

On rappelle que c’est ce chercheur qui, avec son collègue Michel Mayor, a identifié la première exoplanète en 1995, appelée “51 Pegasi b”.

Selon l’ESA, les premiers résultats d’enquête pourraient être disponibles dans quelques mois.

On note par ailleurs que Cheops est une mission de petite taille (ou de classe S) dans le programme scientifique de l’agence européenne. Autrement dit, son budget est beaucoup plus petit que les missions de plus grande envergure. Le coût total de la mission est estimé à environ 100 millions d’euros.

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