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Le sperme plus “vieux” engendrerait une progéniture en meilleure santé !

Crédits : Pixabay

Des expériences menées par des chercheurs britanniques sur des poissons-zèbres pourraient avoir comme effet la révision des méthodes d’insémination artificielle actuellement en vigueur chez l’être humain. En effet, les chercheurs ont pu obtenir des individus présentant de meilleures caractéristiques liés à la reproduction et à la longévité, en utilisant du sperme plus ancien lors de la fécondation.

Une étude révélatrice

Les recherches menées par une équipe de scientifiques de l’Université de l’Est-Anglie (Royaume-Uni) et publiée dans la revue Evolution Letters le 14 février 2019 se sont intéressées à la reproduction du poisson-zèbre. Selon les chercheurs, l’éjaculation du mâle génère des spermatozoïdes dont la moitié stoppe sa course après 25 secondes, tandis que les autres se montrent vigoureux jusqu’à une minute.

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont formé deux groupes de spermatozoïdes. Dans le premier, les ovules ont été immédiatement ajoutés. Dans le second, le tout a ensuite été mélangé à l’eau après 25 secondes, ce qui a seulement donné une chance de fécondation aux plus vigoureux – donc aux plus “âgés” – des spermatozoïdes. Après la fécondation, les poissons nouveaux-nés ont été suivis durant deux années. Il s’avère que ceux issus du sperme plus âgé jouissent d’une meilleure longévité, mais surtout, produisent eux-mêmes du sperme de meilleure qualité.

Crédits : Pixabay

Changer les méthodes d’insémination artificielle ?

L’insémination artificielle (ou procréation médicalement assistée) est un procédé connu depuis longtemps. En revanche, la principale meneuse de l’étude Simone Immler a estimé que jusqu’à aujourd’hui, nous pensions que «la sélection au stade du sperme n’avait que peu d’influence sur la descendance».

« Le sperme contenu dans un éjaculat varie non seulement par sa forme et ses performances, mais également par le matériel génétique de chacun d’eux. En revanche, nous avons montré qu’il existe des différences énormes entre le sperme et son incidence sur la progéniture », a déclaré la chercheuse.

Les chercheurs doivent maintenant tenter de voir si la validité de leurs conclusions concerne également l’être humain. Si tel est le cas, cela pourrait influencer les actuelles procédures de fécondation in vitro, si bien qu’il pourrait y avoir du changement. Cette éventuelle révolution pourrait être également valable dans le cas de l’insémination artificielle intervenant dans la reproduction du bétail.

Par ailleurs en 2017, une start-up australienne avait mis au point une nouvelle méthode de sélection des embryons humains préimplantatoires. Cette méthode basée à la fois sur l’intelligence artificielle et sur l’apprentissage profond avait pour vocation d’équiper les cliniques afin de trier de façon plus performante les embryons issus de la fécondation in vitro avant implantation.

Sources : EurekAlert ! – Futura Sciences

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