in

Le secret de cette météorite enfin révélé

Crédits : Musée Victoria

Des géologues annoncent avoir identifié, dans une météorite, un minéral qui jusqu’à présent n’avait jamais été repéré à l’état naturel. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue American Mineralogist.

Dans les années 50 fut retrouvée en plein outback australien une météorite de fer rouge et noire, de la taille d’un citron. Cette pierre venue de l’espace a depuis fait l’objet de nombreuses études, dans le but de mieux appréhender sa composition. Une attention toute particulière, dans la mesure où ce caillou provient vraisemblablement du noyau en fusion d’une ancienne planète naine de notre système. Récemment, des géologues de l’Université de Californie, à Los Angeles, ont reçu un échantillon de la météorite. Ils ont alors cherché à savoir si celle-ci pouvait contenir des minéraux rares.

Une première à l’état naturel

Grâce à de nouvelles techniques de pointe, inexistantes à l’époque de sa découverte, les chercheurs ont alors observé que la roche contenait, entre autres couches de minéraux, un mince ruban de minuscules cristaux blancs. Ils ont alors découvert que le minéral était constitué d’atomes de fer et de carbone mélangés dans un motif particulier. Celui de l’edscottite.

Ce minéral, on le connaissait déjà, celui-ci se formant à l’intérieur des fonderies de métaux. Mais il n’avait jamais été trouvé dans la nature. C’est pourquoi il n’avait d’ailleurs jamais été nommé officiellement. C’est désormais chose faite. Sa dénomination fait ici référence à Edward RD Scott, un célèbre cosmochimiste reconnu pour ses contributions majeures à la recherche sur les météorites.

L’edscottite est ici prise en sandwich entre d’autres minéraux. Crédits : Chi Ma & Alan E. Rubin, American Mineralogist, 2019

Un long chemin vers la Terre

Se pose maintenant la question de son parcours. Selon les chercheurs, cette pierre de l’espace aurait été forgée à l’intérieur d’une ancienne planète. Un objet détruit il y a plusieurs millions d’années, suite à la collision avec une autre planète, ou un gigantesque astéroïde. Nous savons que lorsqu’une planète meurt, elle commence par fondre de l’intérieur. Il serait alors logique d’imaginer que du métal, sous l’effet de la chaleur et de la pression, se soit transformé en différents minéraux – à l’instar de l’edscottite – à mesure qu’il refroidissait.

Pour les chercheurs, les restes de cet événement se sont ensuite éparpillés dans le système solaire. La météorite de Wedderburn de son côté, s’est probablement retrouvée dans la ceinture d’astéroïdes, située entre les orbites de Mars et Jupiter, pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Avant qu’une collision fortuite avec un autre objet ne la propulse vers la Terre. La suite, vous la connaissez.

Articles liés :

Vidéo : quand une météorite vient s’écraser sur Jupiter

Un morceau de comète retrouvé caché à l’intérieur d’une météorite

Il calait sa porte avec une grosse pierre depuis 30 ans, c’était une météorite à 100 000 dollars