Après le lac Titicaca, le lac Poopó était considéré comme le plus grand lac de Bolivie. En 25 ans, ce dernier a presque disparu, conséquence du réchauffement climatique, mais pas seulement.

« Cette crise est en train d’affecter plusieurs familles vivant autour du lac Poopó depuis des générations. Car il fournissait de l’eau pour les villages avoisinants » explique Vladimir Challa Huaca, porte-parole de l’autorité provinciale du lac Poopó (ouest du pays).

En effet, cette autorité locale de Bolivie tente de faire connaitre sa cause qui devient de plus en plus alarmante. Pas moins de 739 familles affectées par la sécheresse ont déjà reçu 8 tonnes d’aide humanitaire acheminées par la Défense civile bolivienne. La sécheresse frappant le lac cause la migration d’une partie de ces familles tandis que 500 oiseaux ont fait les frais de ces conditions hostiles, selon des experts chargés de la conservation des espèces de la région.

Crédits : Wikimedia Commons

« Dans les années 1990, il y avait au moins 2.000 kilomètres carrés d’eau. Après cela, le niveau a commencé à baisser. En 1995, 1996, il y avait la sécheresse aussi, et l’eau s’évaporait, mais cela revenait rapidement » indique Valerio Calle Rojas pour CBC News, un pêcheur qui, par le passé, exerçait son activité dans la zone.

Le lac Poopó est un lac salin situé à 3.700 mètres d’altitude habitué des épisodes de sécheresse, mais depuis quelque temps, les conséquences sont plus violentes et le désastre s’est alors intensifié.

De plus, selon l’agence de presse Reuters, un phénomène accentue encore plus le problème : El Niño, ce courant côtier saisonnier chaud qui est devenu avec le temps un phénomène climatique particulier (qui se dérègle), se caractérisant aujourd’hui par des températures anormalement élevées de l’eau dans la partie Est de l’océan Pacifique Sud. Voici la déclaration de Lisa Borre, chercheuse au Cary Institute of Ecosystem Studies de New York, relayée par le National Geographic :

« Le gouvernement bolivien met en cause El Niño et le changement climatique, et ils ont certainement joué un rôle, mais il ne dit pas qu’il a aussi échoué dans la mise en œuvre du plan de gestion de la cuvette. »

Depuis 2014, le lac Poopó est déclaré « zone sinistrée », mais rien n’a pu être fait afin d’éviter la catastrophe : une zone désertique de 4000 km² s’est créée autour du lac qui a perdu 98 % de sa surface, dont il ne reste que trois zones résiduelles d’à peine quelques kilomètres carrés.

Au-delà du réchauffement climatique, le lac a encaissé pendant des années les pollutions émanant de près de 150 exploitations minières installées aux alentours ainsi que le puisement de son eau destinée à l’irrigation de parcelles agricoles.

Voici un mini-reportage publié par la chaine iTélé :

Sources : Paris Match – 20 Minutes – 7sur7

Crédit photo : Reuters