in

Le satellite SWOT : nouvelle sentinelle de l’eau de la Terre

SWOT (Surface Water and Ocean Topography)
Illustration du satellite SWOT (Surface Water and Ocean Topography) en orbite terrestre. Crédits : CNES

Le satellite SWOT a pour objectif de cartographier l’eau de la Terre avec des détails sans précédent et de partager ouvertement les données pour aider les communautés à gérer cette précieuse ressource.

Lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX au plus tôt ce vendredi 16 décembre, SWOT (pour Surface Water and Ocean Topography) est considéré comme un nouvel atout pour mieux appréhender l’évolution de nos réserves d’eau face au changement climatique et aux activités humaines. Le projet, piloté conjointement par la NASA et l’agence spatiale française (CNES), aura pour objectif d’effectuer des relevés d’une résolution dix fois plus grande que les satellites actuels, avec une couverture globale de toutes les eaux salées ou douces.

« Schématiquement on verra la progression de la hauteur d’un lac au fil des saisons, au fil des années, précise Thierry Lafon, chef de projet au CNES. On verra évidemment les effets de la sécheresse sur ces lacs. On suivra les rivières et on en déterminera le débit, ce qui est fondamental pour comprendre comment cette eau se précipite depuis les zones amont jusqu’à l’aval, pour ensuite être partagée entre les bassins« .

Ces données, qui seront ouvertement accessibles, permettront d’affiner les modèles climatiques, mais également d’aider les pouvoirs publics et autres communautés à gérer les ressources disponibles en favorisant l’aménagement du territoire et en permettant une meilleure gestion des catastrophes naturelles.

SWOT (Surface Water and Ocean Topography)
Illustration du satellite SWOT (Surface Water and Ocean Topography) en orbite terrestre. Crédits : CNES

Les différents instruments à bord

Pour opérer, SWOT est équipé d’un nouveau système de mesure nommé KaRIn (pour Ka-band Radar Interferometer). Pour rappel, la bande Ka intègre le spectre micro-ondes de la lumière. L’instrument pourra collecter des données à haute résolution grâce à des antennes jumelles placées à environ dix mètres l’une de l’autre. Pour ce faire, il enverra des impulsions radar à partir de l’une des antennes qui se refléteront sur la surface de la Terre. Les deux antennes fonctionneront alors de concert pour capter les signaux renvoyés.

Grâce à cela, les scientifiques pourront cartographier l’eau de surface en deux dimensions. Pour réaliser ces analyses, ils devront par ailleurs savoir exactement à quelle hauteur le satellite vole au-dessus de la Terre. Ce positionnement précis sera calculé en temps réel par un instrument nommé DORIS (pour Doppler Orbitography and Radiopositioning Integrated by Satellite) qui s’appuiera sur une soixantaine de balises radio situées au sol.

Un système de radiocommunications en bande X permettra également de renvoyer les données aux scientifiques, tandis qu’un radiomètre corrigera le retard de réception des signaux de l’eau en mouvement.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.