Aux États-Unis, plusieurs Ă©tudes ont tentĂ© d’Ă©tablir un lien entre l’expĂ©rience du racisme et les problèmes de santĂ©. Une certaine tendance se dessine, bien que certains travaux souffrent de la prĂ©sence de biais pouvant fausser les rĂ©sultats.
Une accumulation de micro-agressions
RĂ©cemment, le magazine Ă©tasunien Vox a abordĂ© la question des injustices en lien avec l’origine ethnique. Rappelons au passage qu’aux États-Unis, la loi autorise les statistiques ethniques. Dans un Ă©pisode publiĂ© le 3 avril 2021, le journaliste Christophe Haubursin pose la question suivante : le racisme rend-il les gens malades ?
Rappelons que selon la « race », l’espĂ©rance de vie n’est pas la mĂŞme pour les personnes vivant aux États-Unis. Les personnes noires vivent 75 ans en moyenne, les personnes blanches 79 ans et les hispaniques 82 ans. Par ailleurs, il est question d’un Ă©cart sensiblement identique, et ce, mĂŞme avec la prise en compte des inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques et en lien avec l’Ă©ducation.
Jacquelyn Taylor, directrice du centre de recherches sur les personnes de couleur Ă l’UniversitĂ© de Columbia (New York) s’est exprimĂ©e sur la question. L’intĂ©ressĂ©e a qualifiĂ© le racisme de « micro-agressions accumulĂ©es avec le temps » reprĂ©sentant sans aucun doute « une mort lente par un millier de petites coupures ».

Plusieurs Ă©tudes sur l’impact du racisme sur la santĂ©
Dans une étude datant de 2018, le Dr Camara Jones de l’École de médecine de Morehouse a pris en compte le sentiment d’être en bonne santé et de recevoir des soins de qualité chez les individus. Pas moins de 57 % des personnes blanches ont ce sentiment contre 48 % des hispaniques. En revanche, ce même taux est de 56 % pour les hispaniques perçus comme étant des personnes blanches. Dans le cas des amérindiens, le taux en question est de 36 % et 52% pour ceux perçus comme des personnes blanches.
Professeur assistant Ă la Tulane University, David Chae est Ă l’origine d’une Ă©tude publiĂ©e dans Plos One en 2015. Il avait tentĂ© de mesurer le racisme d’une autre manière qu’en considĂ©rant l’avis des victimes elles-mĂŞmes. Il a comparĂ© avec le taux de mortalitĂ© des personnes noires dans une zone gĂ©ographique prĂ©cise avec les recherches sur Google concernant le « n-word », un terme pĂ©joratif et xĂ©nophobe. L’expert en a conclu que le racisme Ă©tait un facteur aggravant de la diffĂ©rence de mortalitĂ© entre les noirs et les blancs. NĂ©anmoins, l’intĂ©ressĂ© a admis que son Ă©tude contenait certains biais.
Enfin, le sociologue David Williams de l’UniversitĂ© d’Harvard assure que le lien entre le stress chronique et les problèmes de santĂ© ne sont plus Ă prouver. Or, le racisme favoriserait l’installation et le maintien de ce stress chronique. Selon l’expert, les personnes subissant le racisme sont plus susceptibles de dĂ©velopper du diabète, des cancers ou des problèmes cardio-vasculaires. En somme, ils vieilliraient plus rapidement que les autres.