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Le projet de centrale nucléaire modulaire de NuScale en difficulté !

Crédits : NuScale

Une start-up étasunienne s’est spécialisée dans la fabrication de petits réacteurs nucléaires modulaires. Alors que les autorités compétentes ont approuvé le projet, plusieurs clients ont décidé de quitter le navire.

Un projet accepté par les autorités

Lorsque l’on évoque le projet de la start-up étasunienne NuScale Power, il est question de Small Modular Reactor (SMR). Ce concept également exploré par EDF en France depuis 2017 concerne de petits réacteurs nucléaires d’environ 25 m de longueur pour 4,5 m de diamètre. L’objectif du projet est de redynamiser le nucléaire et l’aider à faire peau neuve, avec une puissance ne dépassant pas les 300 MWe par réacteur. NuScale Power développe actuellement un SMR de 60 MWe, soit quinze fois moins puissant qu’un réacteur classique.

À la fin du mois d’août 2020, la start-up a obtenu l’approbation de son design par la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC). Cette décision ouvrant théoriquement la voie à une exploitation commerciale du projet est une très bonne nouvelle en soi, surtout que la société a dépensé environ 500 millions de dollars en procédure administrative et en développement.

Nuscale réacteur nucléaire
Crédits : NuScale

D’importants revers

Il s’agit la d’un réel aboutissement pour NuScale Power, mais cette société a subi en parallèle de nombreux revers, comme l’explique un article de Reuters publié le 2 septembre 2020. Évoquons tout d’abord des délais qui s’allongent inexorablement. Utah Associated Municipal Power Systems (UAMPS), un des potentiels clients de NuScale, a retardé les plans de construction de sa centrale. Or, cette centrale vouée à contenir une douzaine de réacteurs est désormais prévue pour 2030, un retard de trois ans par rapport à la date initiale.

Autre point important : les coûts ont pratiquement doublé depuis 2017. Ainsi, plusieurs villes de l’état de l’Utah qui désiraient à l’origine acheter l’électricité de la centrale ont changé d’avis. C’est le cas des municipalités de Logan et Lehi, alors que celle de Bountiful devrait prendre le même chemin. Il s’agit d’un revers non négligeable pour NuScale, dont l’engagement intégrait pas moins de 35 villes de l’État. Évoquons au passage que l’engagement de ces villes ne couvrait pas la future production, à savoir seulement 200 mégawatts d’achat sur les 720 mégawatts produits !

À propos de cette affaire, NuScale n’a fait aucun commentaire. Celle-ci semble même continuer à faire croire qu’il n’y a aucun problème. Selon les responsables, le surcoût n’est pas le fruit du hasard, ce dernier prenant en compte le démantèlement et l’augmentation des coûts de main-d’œuvre, de construction et des matériaux sur une dizaine d’années. NuScale a également affirmé que les investisseurs s’intéressent davantage au projet depuis l’approbation de la NRC. Néanmoins, il y a des signes qui ne trompent pas. En effet, Nuscale appartient à la société Fluor et cette dernière a réduit son investissement dans le projet. Fluor a même retiré les dépenses de NuScale de ses prévisions financières.