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Le plus vieux poisson de récif tropical connu au monde a 81 ans

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Crédits : Dan Bayley

Une équipe de biologistes annonce avoir isolé le plus vieux poisson de récif tropical du monde. Il s’agit d’un vivaneau de minuit (Macolor macularis) âgé de 81 ans. Autrement dit, ce petit poisson commençait déjà à se tortiller dans son récif au début de la Seconde Guerre mondiale.

Les coraux sont des organismes très vulnérables aux fluctuations de leur environnement. Une légère hausse des températures les oblige par exemple à chasser les algues dont ils dépendent à cause du stress. S’en suit alors ce qu’on appelle un « blanchiment des coraux ». S’il leur est parfois possible de réabsorber ces algues, des conditions stressantes trop persistantes mènent inévitablement ces organismes à mourir.

Les coraux ne sont pas les seuls à pâtir de ces changements d’environnement. Les récifs représentent en effet des habitats de choix pour de nombreuses espèces de poissons. Dans le cadre d’une étude récente publiée dans la revue Coral Reefs, des chercheurs se sont concentrés sur trois espèces tropicales retrouvées en Australie occidentale. Le but était d’en savoir plus sur leur cycle de vie de manière à mieux les protéger.

Un poisson de 81 ans

Dans cet esprit, ils ont échantillonné plusieurs dizaines de spécimens sur quatre sites de l’archipel des Chagos dans le centre de l’océan Indien à la côte ouest australienne. Ils ont ensuite analysé les petites bandes de croissance annuelle de leurs otolithes sagittaux (os d’oreille) pour estimer leur âge.

Les chercheurs ont finalement isolé onze poissons qui avaient plus de soixante ans. L’un d’eux, un vivaneau des mangroves (Lutjanus argentimaculatus), avait 79 ans, tandis qu’un autre, un vivaneau de minuit (Macolor macularis) avait 81 ans. L’octogénaire a été découvert dans les Rowley Shoals, à 300 kilomètres à l’ouest de Broome, en Australie occidentale. Il remporte aujourd’hui le titre de plus ancien poisson de récif tropical enregistré dans le monde.

« Jusqu’à présent, les poissons les plus vieux retrouvés dans les eaux tropicales peu profondes avaient environ soixante ans« , a déclaré Brett Taylor, le biologiste des poissons de l’Institut australien des sciences marines (AIMS) qui a dirigé l’étude. « Nous avons identifié ici deux espèces différentes capables de vivre au moins deux décennies de plus« .

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Un vivaneau de minuit. Crédits : matthew lee – Flickr

Des poissons vulnérables ?

En plus d’être une découverte remarquable, ces données sont d’une importance vitale pour gérer la conservation de ces poissons. Le fait que ces animaux aient un âge maximum laisse par exemple à penser qu’ils ont un faible taux de mortalité naturelle. Un âge plus élevé signifie également qu’ils sont susceptibles de présenter un taux de reproduction plus lent et, à ce titre, qu’ils peuvent être vulnérables aux pratiques de récolte qui pourraient éliminer les adultes reproducteurs.

Des travaux futurs viseront à identifier comment ces espèces réagissent aux variations de température de l’eau. De cette manière, les chercheurs pourront déterminer dans quelles mesures elles pourront faire face au réchauffement des océans. Cette recherche a par exemple montré que chez le vivaneau des mangroves, l’espérance de vie maximale était d’environ cinquante ans près de l’équateur contre un peu moins de quatre-vingts ans à des latitudes plus élevées où les températures se refroidissent.