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Le physicien Jim Woodward pense détenir la solution pour les voyages interstellaires

Crédits : Pexels/pixabay

Jim Woodward porte depuis les années 1990 une théorie pouvant servir à l’exploration spatiale. Cette théorie reposant sur une formulation du principe de Mach a été appliquée dans la mise au point d’un prototype de propulseur inédit. Personne ne sait si ces recherches sont une simple illusion ou le début d’une véritable révolution.

Un curieux prototype

James F. Woodward est professeur d’histoire et professeur auxiliaire de physique à la California State University à Fullerton (États-Unis). En 1990, l’intéressé donne son nom à l’effet Woodward, une hypothèse physique relative à la possibilité pour un corps de voir sa masse varier lorsque sa densité énergétique varie dans le temps alors qu’il subit une accélération.

Comme l’explique Wired dans un article publié en mars 2020, Jim Woodward est à l’origine d’un prototype d’assistance gravitationnelle à effet Mach (MEGA). Il s’agit d’un appareil mesurant seulement quelques centimètres de long. Fait de métal, de fils électriques et de cristaux piézoélectriques, ce prototype est isolé de l’environnement extérieur dans sa chambre à vide transparente. Or, le physicien pense que ce petit appareil pourrait un jour permettre aux humains de voyager d’étoile en étoile.

Voyager vers Alpha du Centaure ?

Rappelons que les engins spatiaux utilisent la plupart du temps une forme de propergol pour se propulser. Citons par exemple le plus rapide des engins de la NASA, la sonde solaire Parker (PSP). Cette sonde avance à environ 650 000 km/h et mettrait en théorie plusieurs milliers d’années à atteindre Alpha du Centaure, le système planétaire le plus proche du nôtre. Le prototype de Jim Woodward est différent dans la mesure où ce dernier s’appuie seulement sur l’électricité. Autrement dit, dans l’espace, ce vaisseau reposerait sur l’énergie solaire ou un réacteur nucléaire.

Le prototype ne permettrait pas au vaisseau d’avoir une accélération rapide, mais d’accélérer progressivement et surtout, en continu. Selon le physicien, il pourrait à terme être question d’une vitesse encore inégalée permettant d’envisager un voyage vers Alpha du Centaure sur une durée inférieure à celle d’une vie humaine. En revanche, les principes physiques régissant le prototype MEGA font l’objet de critiques.

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La sonde solaire Parker (PSP)
Crédits : John Hopkins APL / NASA / PA

En théorie, les cristaux piézoélectriques stockent de minuscules quantités d’énergie et vibrent des dizaines de milliers de fois par seconde, en présence d’un courant électrique. Par ailleurs, certaines fréquences vibratoires s’harmonisent au moment de traverser l’appareil et lorsque se produit une synchronisation parfaite, cela produit une propulsion vers l’avant. Pour la plupart des chercheurs ayant pris connaissance des travaux de Jim Woodward, ce prototype se base toutefois sur une force physique inexistante.

De récents résultats encourageants

Malgré le scepticisme de ses pairs, Jim Woodward et son associé Hal Fearn disent avoir récemment obtenu des résultats encourageants. Le duo a réussi à obtenir des poussées régulières de cent micronewtons en changeant la disposition du propulseur. Or, il s’agit là de chiffres des centaines de fois supérieurs à ceux de leurs précédents tests. Pour la toute première fois, les chercheurs ont pu observer à l’œil nu leur prototype effectuer des bonds de 0,5 mm. Néanmoins, cette avancée ne permet pas d’oublier les “précédentes”, ces dernières contenant des erreurs de calcul et de faux positifs.

Le duo pense déjà à la prochaine étape du projet, à savoir envoyer le prototype à d’autres équipes de recherche. L’objectif ? Permettre à d’autres scientifiques d’arriver aux mêmes conclusions. Un des chercheurs désirant tester le prototype est Mike McDonald, ingénieur au Naval Research Laboratory de White Oak dans le Maryland (États-Unis). Même si de leur propre aveu, les chances de réussite sont minces, les porteurs du projet gardent tout de même espoir.