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Le Pentagone pourrait avoir utilisé des tiques infectées comme arme biologique

Crédits : Wijipédia

Aux États-Unis, une chercheuse a évoqué des expériences concernant des armes biologiques que la Défense des États-Unis aurait menées à partir de 1950 et durant 25 années. Or selon elle, des tiques porteuses de la maladie de Lyme auraient été utilisées. Les élus veulent en savoir davantage sur la question au moyen d’une enquête.

Une enquête pour trouver la vérité

Un amendement de Chris Smith, un élu de l’État du New Jersey a été approuvé par la Chambre des représentants ce 11 juillet 2019. Selon un article publié par Le Monde le 17 juillet 2019, il s’agit de savoir si le Pentagone a utilisé des tiques ou autres insectes porteurs de la maladie de Lyme dans le cadre d’expériences d’armes biologiques entre 1950 et 1975.

Selon l’élu, les États-Unis font face à plus de 300 000 nouveaux cas de maladie de Lyme et autres maladies véhiculées par les tiques chaque année. Il est donc question de mener l’enquête afin de vérifier s’il existe un lien entre ce programme et cette hausse des cas, et connaître les commanditaires. Il s’agit également d’identifier les spécificités de ce même programme, et les circonstances dans lesquelles les insectes infectés ont été libérés.

Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme est une zoonose, autrement dit une maladie infectieuse touchant l’être humain ainsi que de nombreux animaux. Celle-ci est transmise par des morsures de tiques du genre Ixodes et est d’origine bactérienne (Borrelia burgdorferi). D’autres bactéries de la même famille peuvent également générer la maladie, telles que les Borrelia garinii et Borrelia afzelii.

Il faut également savoir que la maladie de Lyme se présente sous plusieurs formes (génétique, épidémiologique, etc.) puisque celle-ci est multi-viscérale, c’est-à-dire capable de toucher divers organes. Elle est également multi-systémique, pouvant impacter différents systèmes. Ainsi, les manifestations de la maladie peuvent être neurologiques, cutanées ou encore rhumatologiques. Citons quelques symptômes : érythème migrant (éruption cutanée), fatigue, forte migraine, vertige, arthralgie ou encore troubles du rythme cardiaque.

L’enquête qui s’appète à être menée a été motivée par les révélations faites dans deux ouvrages controversés aux États-Unis !
Crédits : Amazon

Des ouvrages controversés

L’enquête réclamée par les élus américains trouve sa source dans plusieurs ouvrages qui ne font pourtant pas l’unanimité. Dans Bitten : The Secret History of Lyme Disease and Biological Weapons (2019), la chercheuse Kris Newby de l’Université de Stanford évoque une expérience militaire ayant mal tourné. L’ouvrage comporte notamment des entretiens avec Willy Burgdorfer (décédé en 2014), entomologiste et bactériologiste ayant découvert la maladie de Lyme en 1982. L’intéressé a indiqué avoir travaillé à l’inoculation de la maladie chez des tiques, qui ont été accidentellement relâchées dans la nature. Néanmoins, ces affirmations sont contestées par Rick Ostefeld du Cary Institute of Ecosystem Studies dans une interview publiée par Le Point le 19 juillet 2019.

Un autre ouvrage baptisé Laboratoire 257 : la troublante histoire du laboratoire biologique gouvernemental secret de Plum Island (2004) semble intriguer les élus. Celui-ci soutient que les Américains ont accueilli des scientifiques nazis dans les années 1950 afin de travailler à l’élaboration d’armes chimiques. Si ce fameux Laboratoire 257 se trouve bien à proximité de la ville de Lyme (État du Connecticut), rien ne semble réellement faire le lien avec ces recherches et les premiers cas apparus à partir de 1975. Enfin, l’augmentation des cas de maladie de Lyme avait déjà fait parler il y a quelque temps. Cependant, il se pourrait bien que le réchauffement climatique y soit pour quelque chose.

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