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Le MIT imagine un avion hybride recyclant ses propres émissions !

Crédits : dayamay / Pixabay

Des chercheurs étasuniens se sont inspirés du scandale Volkswagen pour concevoir un avion innovant. Il est semi-électrique et surtout, il peut capter ses propres émissions de dioxyde d’azote. Or, ce gaz est dangereux pour la santé et contribue au réchauffement climatique.

La cible : le dioxyde d’azote

L’affaire Volkswagen (ou « dieselgate ») est un scandale industriel et sanitaire relatif au recours frauduleux par ce constructeur de logiciels visant à réduire artificiellement ses émissions polluantes lors de tests d’homologation de ses moteurs entre 2009 et 2015. Parmi ces émissions, nous retrouvons le dioxyde d’azote (NO2), habituellement connu pour sortir du pot d’échappement des vieux véhicules diesel. Or, le fait est que ce gaz est à l’origine de nombreux décès prématurés dans le monde et contribue au réchauffement du climat.

pot d'échappement gaz
Crédits : webandi / Pixabay

Toutefois, cette affaire semble avoir inspiré des chercheurs du MIT (États-Unis) dans leur article paru le 7 décembre 2020 dans la revue Energy & Environmental Science. Il y est question d’un concept d’avion semi-électrique capable de capter ses propres émissions de NO2. Rappelons qu’en ce qui concerne les avions, le NO2 provient des turbines à gaz dont la mission est de faire tourner les hélices.

Les chercheurs du MIT ont conçu leur avion en partant d’un constat simple : installer un dispositif antipollution pompant les gaz d’échappement des turbines à gaz sous les ailes briderait grandement la poussée produite, et donc les performances de l’appareil.

Un système ingénieux, mais limité

Ils ont alors imaginé une solution : placer les turbines à gaz dans la soute de l’avion. Celles-ci alimentent ainsi un générateur électrique entraînant le mouvement des hélices. Les gaz d’échappement provenant des turbines sont alors capturés, filtrés et dégradés. Une fois le NO2 dégradé et l’air nettoyé, il peut être relâché dans l’atmosphère. Selon les scientifiques, l’avion pourrait par ce biais éliminer jusqu’à 95 % de ses émissions de NO2. Il est également question de réduire de 92 % les décès précoces en lien avec ces mêmes émissions.

« Ce système hybride est une première approche de l’électrification des avions dans la mesure où la puissance limitée des batteries ne permet pas le transport sur de longues distances. Ce serait beaucoup, beaucoup plus faisable que ce qui a été proposé pour les avions entièrement électriques« , a déclaré l’ingénieur en aéronautique Steven Barret dans un communiqué relatant ces travaux.

Malgré ces promesses, ce genre d’avion n’est pas parfait. En effet, le système dont il est question ici ajouterait quelques centaines de kilogrammes de charge supplémentaire. En revanche, ceci n’est qu’une goutte d’eau en comparaison aux centaines de tonnes de batteries indispensables pour faire voler un tel engin. En outre, ces effets positifs ne pourront pas à eux seuls régler le problème du réchauffement climatique. En effet outre le NO2, d’autres gaz à effet de serre y contribuent, notamment le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) ou encore l’ozone (O3).