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Le “missile super-génial” de Trump, une nouvelle déclaration maladroite ?

Crédits : U.S. Navy / Wikipedia

Donal Trump a annoncé que l’armée américaine allait se doter d’un missile dix-sept fois plus rapide que les missiles utilisés actuellement. Malheureusement pour lui, ceci est tout bonnement impossible. Même le chef d’État américain ne peut pas défier les lois de la physique !

Un “missile super-génial” trop rapide pour être vrai

L’actualité de Donald Trump a toujours été marquée par des déclarations farfelues ou choquantes. Récemment, le président des États-Unis s’est tristement illustré en ce qui concerne l’épidémie de Covid-19 ou encore le décès de l’afro-américain George Floyd. Le 15 mai 2020, la National Public Radio a relaté les propos de Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. L’intéressé a déclaré que son pays allait se doter d’un « missile super-génial » dix-sept fois plus rapide que ceux dont l’armée dispose actuellement. Mais pourquoi cette déclaration frise-t-elle le ridicule ?

En réalité, le missile le plus rapide utilisé actuellement par l’armée des États-Unis est l’UGM-133 Trident II, filant à 8 km/s (ou 28 800 km/h). En effectuant un simple calcul, il est possible de se rendre compte qu’un missile 17 fois plus rapide atteindrait une vitesse de 137 km/s (ou 493 200 km/h). Or, cette vitesse est équivalente à 400 fois la vitesse du son !

missile Trident II
L’UGM-133 Trident II, missile le plus rapide actuellement utilisé par les États-Unis. Crédits : U.S. Navy / Wikipedia

Quand la physique s’en mêle

Rappelons que les missiles les plus rapides sont les missiles balistiques. Propulsés par des moteurs-fusées, ceux-ci atteignent une vitesse très importante avant de s’extraire de l’atmosphère. Une fois leur carburant à sec, les missiles retombent en cloche, du fait de l’inertie. Il ne faut donc pas les les confondre avec les missiles de croisière, ces derniers utilisant un réacteur et étant donc beaucoup moins rapides.

Augmenter la vitesse d’un missile signifie augmenter la quantité de carburant que ce dernier embarque. Or, la plupart des engins ont une charge représentant entre 2 et 5 % de la masse totale. Dans le cas de l’UGM-133 Trident II, il est question d’une énergie de 97 milliards de joules (ou 23 tonnes de TNT). Pour qu’un missile aille 17 fois plus vite, il faudrait 2,8 x 1013 joules : impensable. De plus, en utilisant le même carburant que le Trident II, le missile de Trump nécessiterait 289 fois plus de carburant. Autrement dit, sa taille serait bien plus imposante que celle du Trident II et ses 13 mètres de longueur.

Par ailleurs, le fait d’embarquer davantage de carburant rend l’appareil encore plus lourd. Il faut donc prendre en considération ce problème puisque cela implique également d’embarquer davantage de carburant ! Enfin, si ce “missile super-génial” est bien un missile balistique, ce dernier pourrait ne jamais toucher sa cible. Bien trop puissant, le missile se retrouverait dans l’incapacité de retomber après s’être temporairement extirpé de l’atmosphère. Autrement dit, ce dernier pourrait bien finir en orbite et ne jamais revenir !